Quel bilan tirer de l’accord de Paris, le premier accord universel sur le climat, obtenu lors de la conférence mondiale sur le climat (COP21) de décembre et qui a fêté, hier, ses quatre mois d’existence ?


Un succès pour certains, un désastre pour d’autres. On doit bien l’admettre, l’accord signé à Paris est largement insuffisant, mais il a l’immense mérite de relancer la lutte contre les changements climatiques à l’échelle de la planète. L’accord est donc positif mais tardif car le temps presse si l’on veut limiter les effets du changement climatique.

L’élément marquant du texte est la revue à la hausse de l’objectif international pour faire face au réchauffement climatique : « Maintenir la hausse de température bien en deçà de 2°C et poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C  ». Cet objectif ambitieux, ainsi que les lignes directrices et principes pour y arriver, furent applaudis par l’ensemble de la communauté internationale lors de son adoption. Mais cet objectif est-il réalisable ? L’accord n’est que très faiblement contraignant et ne propose pas d’aller plus loin que les contributions nationales actuelles en matière de réduction des émissions… Ce qui nous laisse dans une trajectoire de 3°C supplémentaire d’ici la fin du siècle. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) estime qu’au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, la communauté internationale dispose de 20 ans seulement pour ramener ses émissions de carbone à zéro si elle veut limiter la hausse à 2°C.

Malgré l’urgence, les étapes à franchir sont encore très nombreuses avant que l’accord ne soit réellement ratifié puis mis en œuvre. En effet, il n’entrera en vigueur qu’en 2020, à condition que 55 pays, représentants 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le ratifient. La première étape du processus de ratification débutera le 22 avril à New York avec l’ouverture du registre de signatures de l’accord pour une durée de un an. Nous avons donc le temps alors que celui-ci presse… En effet, nous n’avons pas encore atteint les +1°C que déjà se multiplient les épisodes climatiques dramatiques tout autour de la planète. Et le pire reste à venir…

Une menace pour la sécurité alimentaire !

Selon une étude du « programme de recherche du CGIAR* sur le changement climatique,  l’agriculture et la sécurité alimentaire », si des actions d’atténuation des effets du changement climatique ne sont pas menées, la production de certaines cultures vivrières sera impossible dans certains endroits d’Afrique subsaharienne. Selon cette étude, celle-ci pourrait perdre jusqu’à 30% de ses zones de production de maïs et de bananes et jusqu’à 60% de celle des haricots… Le changement climatique est donc une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes dont les moyens  de  subsistance  proviennent  des  petites  exploitations agricoles.

 

 A SOS Faim, nous pensons que, face à cette situation, il est indispensable de renforcer dès à présent les capacités des petits agriculteurs qui voient dans leur récolte leur seul moyen de subsistance.  Pour Facilitators for Change (FC), une ONG éthiopienne partenaire de SOS Faim depuis 2003, l’insécurité alimentaire est directement liée à la fréquence et l’intensité de catastrophes naturelles. Malheureusement, ces dernières augmentent de manière spectaculaire en partie à cause du changement climatique, laissant les petits agriculteurs avec une capacité de production insuffisante pour assurer l’approvisionnement en aliments de base pour l’année. Cette tendance représente une menace pour les enfants, les femmes, les jeunes et les petites exploitations agricoles. FC a donc développé une politique de gestion du risque, Disaster Risk Reduction (DRR), qui vise à renforcer la capacité de résistance des communautés vulnérables contre les catastrophes et ainsi assurer le développement durable de la région.

Le projet de production et de commercialisation de foyers améliorés par un groupement de 9 « Self-Help Group » (SHG), composés de femmes en situation très vulnérable, s’inscrit aussi dans cette dynamique. Dans la région Amhara, FC a dispensé à pas moins de 200 femmes des formations tant sur les aspects techniques qu’organisationnels. Aujourd’hui, ces femmes possèdent un atelier de production de foyers de cuisson améliorés qui leur assure des revenus. En outre, ces foyers permettent également de faire des économies de bois et d’améliorer l’évacuation de fumées, ce qui est bénéfique pour la santé et l’environnement.

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Formation à la production de foyers améliorés en Ethiopie

 

Cet exemple illustre bien la mission de SOS Faim. A travers nos partenaires, notre objectif vise à fournir aux populations rurales une aide technique, organisationnelle et financière afin qu’elles améliorent elles-mêmes leur situation alimentaire, économique et sociale de façon durable pour qu’au final, elles soient moins vulnérables et plus autonomes face aux crises climatiques.

L’Accord de Paris ne sauvera pas la planète, il sera ce que nos décideurs politiques en feront ! Pouvons-nous prendre le risque d’attendre que le changement climatique mette en péril la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes qui dépendent de l’agriculture comme moyens de subsistance ? A SOS Faim, nous pensons qu’il est temps d’agir dès à présent pour renforcer les capacités d’adaptation des petits paysans du sud.

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org

* Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale

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Imaginons plusieurs scénarii… Vous tombez malade et vous ne pouvez pas payer votre traitement. Vous avez un accident qui vous empêche de pouvoir continuer à travailler, vous ne percevez dès lors plus de revenus : vos enfants doivent travailler au lieu d’aller à l’école. La sécheresse touche votre région, les prix des denrées alimentaires s’envolent et les pertes de votre bétail s’accumulent : vous ne pouvez plus nourrir votre famille. Votre récolte est ravagée, vous ne pouvez pas acheter les engrais et semences indispensables pour votre future récolte : vous ne pouvez pas continuer votre activité agricole, vous vendez votre exploitation, vous n’avez plus de logement. Vous travaillez toute votre vie mais vous ne percevrez pas de pension : vous ne pouvez pas subvenir à vos besoins et ceux de votre famille.

Ces scénarii vous semblent-ils invraisemblables ? Et pourtant, cette réalité touche  plus de 70% de la population mondiale qui vit sans protection sociale. La sécurité sociale est considérée comme un droit fondamental reconnu par l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme[2] :

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

Certains perçoivent la protection sociale comme un « luxe » dont les pays pauvres ne peuvent se doter ou encore comme un obstacle à l’optimalisation de la compétitivité économique pour les pays riches. Pourtant, de nombreux exemples démontrent qu’il est possible de poser les jalons d’un système de protection sociale, quel que soit le niveau de développement économique d’un pays et ce, tout en favorisant le développement économique de ce dernier.

Prenons l’exemple d’un pays émergent : le Brésil. Celui-ci a lancé en 2003 un programme visant à stimuler la croissance et le progrès social au sein de son pays à travers  le programme intitulé « Bolsa Familia Program (BFP)». Ce programme a permis d’accélérer l’extension de la couverture de protection sociale et l’augmentation des salaires minimaux tout en maintenant la croissance du développement économique. Le Brésil n’est qu’un exemple parmi tant d’autres qui tend à démontrer que la protection sociale favorise la croissance inclusive, la justice sociale, le développement humain et la stabilité politique d’un pays.

Le 16 octobre 2015, nous célébrons la Journée Mondiale de l’Alimentation (JMA) avec comme thème central : « Protection sociale et agriculture – briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale ». La protection sociale est définie par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) comme:

« un ensemble de mesures, de programmes et d’interventions visant à protéger les individus qui connaissent la pauvreté et l’insécurité alimentaire ou sont susceptibles d’y être exposés».

La protection sociale est un droit fondamental reconnu pour ses effets bénéfiques. Et pourtant, selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 73% des êtres humains n’ont pas accès à la protection sociale. La majorité d’entre eux vit dans les zones rurales des pays en développement et dépend essentiellement de l’agriculture. A travers le monde, 500 millions d’agriculteurs veulent vivre de leur travail et nourrir leur famille. Ces paysans n’ont ni tracteur, ni subvention de la Politique agricole commune (PAC), ni couverture sociale. Ils sont les premiers à subir les aléas climatiques avec, au Sahel en particulier, des saisons de pluies de plus en plus irrégulières occasionnant des perturbations importantes dans le calendrier agricole, des sécheresses, des inondations, une désertification galopante, etc…

« Éradiquer la faim » fait partie des objectifs du développement durables (ODD) adoptés par l’ONU en septembre. Dans le monde, 870 millions d’êtres humains souffrent de la faim. La protection sociale a un impact immédiat sur la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté, mais elle demeure toutefois un privilège ! Selon la FAO, les programmes de protection sociale peuvent contribuer à « l’accroissement des revenus tirés des exploitations agricoles, du rendement des cultures et de la productivité de l’élevage ». La protection sociale est donc tout sauf un luxe. C’est un droit fondamental de lutte contre les inégalités et la pauvreté.

« Nous devons non seulement lutter contre la faim, mais aussi contre les conditions qui en sont à l’origine… Il est indispensable de construire un avenir pour tous afin d’assurer un avenir acceptable : soyons la génération faim zéro ! » (FAO, 2015)

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org

SPOT de la FAO à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation 2015:

Les petits paysans constituent plus de la moitié de la population de la terre mais sont partout atteints par le rouleau compresseur de la globalisation des échanges. Droit à la terre, à la transmission des semences, à la souveraineté alimentaire… les motifs de luttes paysannes s’accumulent. Répression policière, suicides consécutifs de faillite ou maladie liées à l’abus de produits phytosanitaires, la mortalité paysanne est élevée.

Si 40 % de la population mondiale vit de l’agriculture (soit 2,6 milliards de personnes dont 1,3 milliards d’actifs), les agricultures familiales représentent l’écrasante majorité (500 millions d’exploitations agricoles). Ce sont elles qui créent le plus d’emplois et qui ont absorbé l’essentiel des 350 millions de nouveaux actifs agricoles des 30 dernières années.
A l’encontre des idées reçues, les exploitations disposant de 50 ha et plus, et ayant recours au travail salarié, représentent seulement 1 % des exploitations et n’emploient que quelques millions de personnes. A l’opposé, l’agriculture familiale désigne une pratique agricole où la famille prend les décisions en matière de production et d’organisation du travail, et possède une partie importante des moyens de production.

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En Afrique, les exploitations familiales représentent près de 80 % des exploitations avec moins de 2 hectares comme superficie agricole moyenne et un équipement rudimentaire, manuel le plus souvent. Malgré le niveau élevé d’importations agricoles de leurs pays, ces agricultures familiales ont été capables de contribuer de manière significative à l’alimentation des villes, à la fois sur les produits vivriers de base (céréales et tubercules) mais aussi sur les produits de diversification alimentaire comme les légumes, le lait, les fruits et les oléagineux.
De plus, dans les pays en développement, les exploitations familiales développent des stratégies pour assurer la sécurité alimentaire du groupe familial, tout en s’adaptant en partie aux effets du réchauffement climatique : elles jouent un rôle central dans la lutte contre la faim.

« La sécurité alimentaire doit se construire autour du renforcement des capacités des petits agriculteurs. Garantir leur accès à des ressources productives est essentiel à cet égard » clame le Rapporteur spécial des Nations Unies pour le Droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, lançant un appel en faveur d’investissements prioritaires dans des formes d’agriculture agro-écologiques pour contribuer à la réduction de la pauvreté.
« Les pays riches doivent progressivement rompre avec les politiques agricoles tournées vers l’exportation et permettre au contraire aux petits agriculteurs des pays en développement d’approvisionner les marchés locaux» a encore déclaré M. De Schutter à Genève en mars 2014. « Ils doivent également refréner leurs revendications grandissantes de terres agricoles mondiales en maîtrisant la demande en alimentation animale et en agro-carburants, et en réduisant les gaspillages alimentaires. »

Les recommandations de O. De Schutter font écho aux revendications de la Via Campesina qui est à l’origine de la Journée internationale des luttes paysannes et qui explique quant à elle : « Durant notre journée internationale, nous dénoncerons aussi les transnationales, l’agro-industrie, l’usage de produits toxiques et de la modification génétique », autant de « progrès » liés à l’appétit des pays les plus riches et qui conduit de manière pernicieuse à l’accaparement des terres privant les petits paysans de leur moyen de subsistance, ainsi qu’à l’appauvrissement de la biodiversité des régions concernées par les monocultures intensives (soja pour nourrir le bétail ou huile de palme pour l’agroalimentaire, entre autres…).

… Et si, ce 17 avril, nous regardions d’un œil neuf le paysage agricole qui nous entoure, aussi bien que le contenu de notre caddy de supermarché et songions que : « Partout dans le monde, nos luttes locales participent à un seul et même combat, celui de la souveraineté alimentaire ! »… ?

Cette remise en question de nos habitudes est, pour le Luxembourg, tout le sens de la démarche menée par la plate-forme « Meng-Landwirtschaft* » et qui rassemble des organisations très diverses partageant l’ambition de voir notre mode de production agricole se réformer.

Marine Lefebvre, SOS Faim pour la plate-forme Meng Landwirtschaft

*natur&ëmwelt asbl, Bio-Lëtzebuerg, Greenpeace Luxemburg, Action Solidarité Tiers Monde, SOS Faim Luxembourg, Mouvement Ecologique, Caritas Luxembourg, etika, CELL, attac, Slow Food Luxembourg, Cercle de Coopération, Aide à l’Enfance de l’Inde und Lëtzebuerger Landesverband fir Beienzuucht.

La volatilité des prix des matières premières agricoles observées depuis ces dernières années n’est que marginalement liée à l’aggravation des aléas climatiques. En réalité, elle n’est plus reliée à la loi de l’offre et de la demande et c’est un phénomène inédit qui influe sur l’évolution des prix du blé, du maïs, etc.:

Découvrez la nouvelle campagne de SOS Faim!

Dans notre monde libéralisé où les Etats ne régulent plus les prix, la hausse des prix des produits agricoles sur les marchés internationaux se répercute directement sur ceux des marchés locaux. Au Sud, les consommateurs consacrent les ¾ de leurs revenus à l’alimentation, sacrifiant les dépenses de scolarité ou des soins de santé : la volatilité des prix accentue faim et pauvreté. Quant aux petits producteurs, trop pauvres pour investir, produire suffisamment pour leur propre consommation ou vendre au moment où les prix sont hauts, ils sont eux-mêmes victimes de la hausse des prix. « Produire pour manger c’est toujours bien, produire pour le marché, on y perd », témoignait un paysan du Burkina Faso. Les grands gagnants du système mondialisé et dérégulé sont les gros investisseurs financiers qui opèrent dans l’anonymat et maximisent leur profit au détriment de tous !

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Près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Chaque jour, 10 000 enfants meurent de malnutrition. A se focaliser sur les chiffres, on peine à percevoir la réalité de ce fléau. Mais Germain Ouedraogo, homme de théâtre et paysan du Burkina Faso qui a passé dix jours au Luxembourg, a apporté des éléments concrets au public venu assister au Festival cinéma du Sud…

«Je suis un privilégié», explique Germain Ouedraogo, co-fondateur et directeur de la troupe de théâtre ARCAN. Il poursuit : «Non pas tant par ce que j’ai l’occasion de voyager pour mon travail et de venir en Europe, mais parce que je prends deux repas par jour. Chez moi, en région sahélienne, au nord du Burkina Faso, la plupart des familles n’en prennent qu’un, et beaucoup ne réussissent à manger qu’une fois tous les deux jours. »

Comme moi peut-être, à cause des images de la famine du Biafra, vous avez longtemps cru que la faim, ce sont des êtres humains faméliques, assis dans la poussière sans autre perspective que la mort… Le monde manichéen est loin derrière nous et la faim a « gagné » en nuances. Elle s’est installé, a fortifié son emprise dans l’hémisphère sud. Exception faite de la RDC, ce fléau n’est plus tant dû aux situations de guerres, qu’à des choix politiques et économiques qui creusent les inégalités et privent une part croissante de la population mondiale d’accès aux ressources, donc de la satisfaction des besoins vitaux.
Dans la région de Ouahigouya où vit Germain, la privation fait partie du quotidien. Ce n’est pas une privation conjoncturelle, à la suite d’une mauvaise récolte, c’est une privation habituelle, consécutive de la désertification de la zone et du manque de revenus. Ce n’est pas parce que les marchés ou les boutiques sont vides de victuailles, mais parce que le pouvoir d’achat des familles, dont le travail est très mal rémunéré, n’est plus en phase avec le coût des aliments de première nécessité.
Naguère productrice de coton, la région de Ouahigouya a épuisé ses sols à cause d’une agriculture intensive, qui, dans les années 80, représentait la voie du salut proposée par les institutions internationales aux pays en voie de développement : produire des matières premières pour l’exportation et, grâce aux devises, importer de quoi nourrir sa population. L’agriculture vivrière a donc été sacrifiée sur l’autel de la monoculture d’exportation et les politiques agricoles ont été abandonnées. Dans le même temps, la politique agricole commune (PAC) qui avait été créée après guerre pour atteindre rapidement l’autosuffisance alimentaire, faisait face à des excédents croissants (lait, vin, céréales, viande bovine). Pour écouler ces excédents en développant ses exportations, la Communauté européenne mit en place des subventions massives.

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Crise politique, vulnérabilité alimentaire, pauvreté endémique, le Niger cumule bien des handicaps. Face à l’incurie des gouvernements successifs, les paysans tentent de s’organiser : Mooriben, une Fédération rassemblant des groupements paysans, propose au monde rural un appui, des solutions…

La junte militaire qui a pris le pouvoir au Niger le 18 février 2010, après le coup d’Etat contre le président Mamadou Tandja, lui-même auteur d’un coup d’Etat constitutionnel quelques mois plus tôt, a, à la différence de son prédécesseur,  renoncé à nier les difficultés sur le plan alimentaire et humanitaire. Au contraire, il exhorte la communauté internationale à apporter de l’aide au Niger. Selon nos informations, le « droit à l’alimentation », aurait même trouvé sa place dans la future constitution…

Créée voici 20 ans, la FUGPN– Mooriben (Fédération des Unions de Groupements paysans du Niger) poursuit ses efforts au quotidien pour faire de l’agriculture une source de nourriture, de revenus et d’emplois décents.  Les crises alimentaires majeures comme celle qui sévit actuellement touchant, selon l’estimation de juin 2010, pas moins 47,7% de la population, soit plus de 7 millions de personnes, ne doit pas occulter les réalisations accomplies au sein de la société civile et ce, en dépit des autorités gouvernementales qui ont largement délaissé le monde rural.

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Malgré son importance, le secteur agricole de la zone sahélienne peine à se moderniser et reste largement tributaire des aléas climatiques, qui occasionnent régulièrement des crises alimentaires. Dans certains pays comme le Burkina Faso ou le Mali, la dernière production agricole  a été forte, sans empêcher des poches de déficits importants. Dans des pays comme le Niger ou le Tchad, la situation est beaucoup plus grave. Dans ce contexte de précarité, des initiatives locales existent pour limiter l’impact des aléas de production sur les paysans.

Si, en ce printemps 2010, le Niger est le pays le plus gravement touché avec seulement 16,8% de sa population rurale qui se trouve en situation de sécurité alimentaire suite à un déficit de plus de 20,3 millions de tonnes par rapport à la production de l’année passée, les autres pays des la zone sahélienne sont également affectés.

L’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies aussi bien dans l’espace que dans le temps pendant la campagne agricole 2009/2010 ont entraîné des déficits céréalier et fourrager importants. Les ménages en insécurité alimentaire ne disposent suffisamment ni de revenus, ni de stocks alimentaires pour couvrir leurs besoins quotidiens. Ils consacrent en moyenne entre 70 et 72% de leur budget à l’alimentation, disposant ainsi de très peu de ressources pour faire face à d’autres besoins vitaux tels que la santé et l’éducation.  La détérioration des termes de l’échange entre le bétail et les produits vivriers figure parmi les principaux signes annonciateurs d’une crise alimentaire, les ménages étant contraints de vendre leur bétail quel qu’en soit le niveau des prix. L’absence d’eau ou de pâturage est  le problème le plus crucial. Au Niger, 86,9% des villages ont indiqué que la situation des pâturages s’est dégradée comparativement à celle de l’année dernière.

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