Face à la sécheresse, comme face à la « crise du concombre », lorsque les agriculteurs des pays industrialisés ont besoin d’aide, les pouvoirs publics les entendent. En Afrique, que ce soit face à la sécheresse, ou plus couramment encore, face à l’approvisionnement en semences et en intrants ou à la commercialisation de leurs productions agricoles, les agriculteurs ne peuvent compter sur aucun appui financier.

Actifs dans un secteur considéré comme trop peu rentable et dépourvus de garanties, les paysans qui composent environ 70% de la population de pays comme le Mali ou le Niger n’ont aucun accès au système bancaire traditionnel. Malgré l’ambition affichée par la microfinance d’être une « finance inclusive », celle-ci peine elle aussi à remplir son rôle en milieu rural et tout particulièrement à servir le monde agricole. « L’agriculture, qui pourrait être un moteur de croissance pour les pays africains, reçoit très peu de financements » a souligné Alou Sidibé, Directeur général de l’institution de microfinance (IMF) Kafo Jiginew, lors de son passage à Luxembourg fin mai. « L’agriculture ne peut se développer avec les taux du marché ! » a renchéri Faliry Boly, Secrétaire général du syndicat rizicole malien, le SEXAGON. « Depuis 20 ans que je suis chez Kafo Jiginew, jamais notre institution de microfinance n’avait discuté avec un client des taux auxquels il est servi ! » Le FAIR, c’est pourtant ça ! Le Fonds d’Appui aux Initiatives Rurales, créé en 2009 sur une initiative de SOS Faim avec le soutien du gouvernement luxembourgeois, apporte une réponse concrète aux besoins de financements des riziculteurs maliens.

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