Avril 2012- Chronique SOS FAIM-LE Quotidien

Il ne s’agit pas d’un slogan de campagne, ni publicitaire, mais d’une parole rapportée du Burkina Faso où certaines mères de famille ne préparent plus qu’un repas tous les deux jours.

Après les crises alimentaires de 2005 et 2010, mauvaises récoltes et augmentations continues des prix des denrées alimentaires font basculer des millions de pauvres dans la sous-nutrition : les économies rurales des pays sahéliens sont en ruine et les enfants en sont les premières victimes. C’est au Sahel que le taux de mortalité infantile (entre 6 mois et 5 ans) est le plus élevé du monde avec la mort par malnutrition de près de 6 enfants sur 10.

De la Mauritanie jusqu’au Tchad, les pays sahéliens sont gagnés par une insécurité alimentaire chronique. Dans le monde rural, la situation alimentaire de certains villages était déjà préoccupante trois mois seulement après la fin des dernières récoltes ! Dès février, certaines mères de familles démunies se forçaient à restreindre la consommation alimentaire : au Centre-Nord du Burkina Faso, notre collègue Aude Ehlinger a recueilli le témoignage de familles où le repas de base ( « riz au gras ») n’est préparé qu’une fois tous les deux jours. Entre deux ? « On patiente ».

 

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Malgré son importance, le secteur agricole de la zone sahélienne peine à se moderniser et reste largement tributaire des aléas climatiques, qui occasionnent régulièrement des crises alimentaires. Dans certains pays comme le Burkina Faso ou le Mali, la dernière production agricole  a été forte, sans empêcher des poches de déficits importants. Dans des pays comme le Niger ou le Tchad, la situation est beaucoup plus grave. Dans ce contexte de précarité, des initiatives locales existent pour limiter l’impact des aléas de production sur les paysans.

Si, en ce printemps 2010, le Niger est le pays le plus gravement touché avec seulement 16,8% de sa population rurale qui se trouve en situation de sécurité alimentaire suite à un déficit de plus de 20,3 millions de tonnes par rapport à la production de l’année passée, les autres pays des la zone sahélienne sont également affectés.

L’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies aussi bien dans l’espace que dans le temps pendant la campagne agricole 2009/2010 ont entraîné des déficits céréalier et fourrager importants. Les ménages en insécurité alimentaire ne disposent suffisamment ni de revenus, ni de stocks alimentaires pour couvrir leurs besoins quotidiens. Ils consacrent en moyenne entre 70 et 72% de leur budget à l’alimentation, disposant ainsi de très peu de ressources pour faire face à d’autres besoins vitaux tels que la santé et l’éducation.  La détérioration des termes de l’échange entre le bétail et les produits vivriers figure parmi les principaux signes annonciateurs d’une crise alimentaire, les ménages étant contraints de vendre leur bétail quel qu’en soit le niveau des prix. L’absence d’eau ou de pâturage est  le problème le plus crucial. Au Niger, 86,9% des villages ont indiqué que la situation des pâturages s’est dégradée comparativement à celle de l’année dernière.

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Faliry Boly, Secrétaire général du Sexagon dans les rizières de l'Office du Niger. (Photo: L.Lewalle)

L’accaparement de terres agricoles à grande échelle constitue une menace contre l’autodétermination des peuples et leur souveraineté alimentaire. La Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP) s’élève contre cette pratique qui accable une agriculture familiale déjà peu soutenue.

Alors que le gouvernement malien proclame sa volonté d’assurer l’autosuffisance alimentaire du pays, il continue à céder d’immenses superficies de terres agricoles à des investisseurs étrangers dans le cadre de sa politique de promotion des investissements privés en faveur de la production rizicole.

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L’alerte a été donnée fin janvier du risque d’une prochaine crise alimentaire au Sahel, mais elle a à peine été reprise par les médias. La famine en Afrique ne ferait-elle plus recette ? Le public se serait-il habitué à la litanie des crises alimentaires et y verrait-il une fatalité ? Pense-t-il peut-être même qu’on ferait-on mieux d’abandonner l’Afrique à son sort ?…

Si les acteurs du développement n’en croient rien, c’est qu’ils ont de leur côté le formidable dynamisme d’un monde paysan las de courber l’échine et résolu à lutter et à entreprendre !

« Le producteur d’aujourd’hui n’est plus celui de 1960 ! On a besoin d’aménagements dans la zone et nous voulons être investisseurs nous-mêmes ! Nous voulons contribuer à l’aménagement des parcelles que nous occupons et on veut être aidé en fonction de nos besoins ! » déclare Faliry Boly, le secrétaire général du Syndicat des riziculteurs de l’Office du Niger (ON). Créé en 1997, ce syndicat s’est constitué en réaction à la dérive des gestionnaires de l’ON, un organisme public malien en charge d’un domaine irrigué de 80 000 ha utilisant l’eau du fleuve Niger en plein Sahel.

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