A l’approche de la Conférence mondiale sur le climat (COP21), les décideurs doivent enfin accorder à l’agriculture et à la sécurité alimentaire la place qui devrait être la leur dans la lutte contre le changement climatique. Depuis le lancement de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) de 1992, le triple rôle de l’agriculture, tout à la fois un acteur, une victime et une solution au changement climatique, n’a pas été pris en compte.

L’agriculture est une des principales causes du changement climatique : l’ensemble du système agro-alimentaire est en effet à l’origine d’un tiers des émissions anthropiques actuelles de gaz à effet de serre (GES), conséquences de nos modes de production et de consommation. En retour, les aléas du changement climatique (sécheresse, inondation, évènement climatique extrême, etc.) impactent lourdement le secteur agricole. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) prévoit une baisse de 10% des rendements agricoles d’ici 2050 en Afrique sub-saharienne. Dans ces régions, la majeure partie de la population dépend de l’agriculture. Le changement climatique est une réelle menace pour la sécurité alimentaire. Ces paysans subissent d’ores et déjà les aléas climatiques avec, au Sahel en particulier, des saisons de pluies de plus en plus irrégulières, occasionnant des perturbations sur le calendrier et la productivité des récoltes.

Face au changement climatique, le modèle agricole dominant est confronté à un double dilemme : alléger son empreinte sur l’environnement et garantir la sécurité alimentaire d’une population mondiale croissante. Il est donc nécessaire d’enclencher un changement radical du modèle agro-productiviste en faveur d’un modèle agricole durable, diversifié, performant, juste, écologique et à taille humaine.

Pour répondre aux enjeux agricoles et climatiques, l’organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé en 2014 l’approche Climate-Smart Agriculture (CSA). Soutenu par des instances internationales, des grands pays exportateurs agricoles et de nombreuses entreprises privées, le concept CSA englobe de nombreuses pratiques agricoles contradictoires : OGM, engrais de synthèse, pesticides ou encore les pratiques agroécologiques. Ce concept nébuleux inquiète une grande partie de la société civile qui s’interroge sur l’accaparement de ce concept pour servir les intérêts de l’agrobusiness sans remettre en cause le modèle agricole conventionnelle et ses effets néfastes sur le climat et l’environnement et donc sur l’agriculture… L’agroécologie utilisée comme alibis par ce concept « fourre-tout » apparait comme une réelle alternative au modèle agroindustrielle.

L’agriculture familiale et les pratiques agroécologiques : modèle agricole durable

L’agroécologie est une pratique agricole basée sur des techniques et des savoirs traditionnels adaptés à l’agriculture familiale paysanne. Ce modèle agricole durable et à petite échelle permet d’accroitre l’autonomie et la résilience des exploitations agricoles qui, de facto, ne dépendent plus des intrants chimiques et peuvent  diversifier  leur production en fonction du marché local, comme du contexte économique, météorologique, etc.

De nombreuses études ont démontré l’efficacité des méthodes agroécologiques en termes de rendements agricoles. L‘étude IAASTD, commanditée par les principaux organismes impliqués dans le développement (FAO, PNUE, Banque mondiale, etc.) et qui a impliqué des centaines d’experts internationaux, a démontré que certains systèmes agricoles traditionnels et les pratiques agroécologiques sont tout aussi productifs, voire davantage, que l’agriculture conventionnelle. Malgré ses conséquences désastreuses sur l’environnement et le climat, l’agriculture productiviste continue toutefois d’imposer  sa domination qui sert les intérêts de l’industrie agroalimentaire. En effet, les transnationales de l’agrobusiness, omniprésentes au sein du système alimentaire mondial, orientent les politiques agricoles  à leur avantage en maintenant un système de production intensif et énergivore, indispensable à leurs profits.

Une volonté politique forte est donc nécessaire pour changer l’ensemble du système agricole en dépit des pressions des industries agroalimentaires. Face à la menace qui touche la sécurité alimentaire mondiale, la COP21 ne pourra pas ignorer la question de l’agriculture, et aura tout intérêt à la traiter comme étant une partie de la solution pour lutter contre le réchauffement climatique.

La solution se trouve aussi dans notre assiette…

L’alimentation est donc un levier d’action pertinent pour réduire les émissions de GES via une transformation profonde de l’ensemble des filières : production, distribution, conservation, transformation, consommation. En tant que consommateur, nous avons donc un rôle essentiel à jouer pour encourager la transition  vers des systèmes alimentaires durables.

« Les consommateurs doivent comprendre qu’ils participent au sauvetage de l’humanité en achetant des produits durables, c’est à dire des produits issus d’une agriculture certifiée, qui ne causent aucun dommage » déclare Hans Herren, du mouvement Regeneration International.

Afin d’inciter les responsables politiques à prendre leurs responsabilités, nous, citoyens, pouvons d’ores et déjà agir à notre niveau : « Changeons de Menu ! » (campagne de SOS Faim).

La veille de l’ouverture du sommet, des citoyens de tous les pays descendront dans les rues et demanderont aux responsables de tous les gouvernements de s’engager en faveur d’un accord ambitieux à la hauteur des enjeux. Afin de contribuer à cette marche mondiale pour le climat, Votum Klima organise la « Luxembourg Climate Marche »  le lundi 30 novembre. En tant que membre de la plateforme Votum Klima, SOS Faim soutient cette action et invite ses membres à y participer.

Ensemble nous pouvons amener le monde à un accord pour lutter contre le changement climatique. Ensemble écrivons l’histoire, ne la subissons pas, participons à la Luxembourg Climate March le lundi 30 novembre à 18h Place Clairefontaine.

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org

 

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Es ist und bleibt ein Skandal: Noch immer sterben jeden Tag 25 000 Menschen, vor allem Kinder, an Hunger und Unterernährung. Und von sieben Milliarden Menschen hat eine Milliarde nicht genug zu essen. Können wir gleichgültig bleiben angesichts dieser tagtäglichen, flagranten Verletzung der fundamentalen Menschenrechte all dieser Personen, des Rechts auf Leben und des Rechts auf Ernährung?

Doch das Welternährungssystem hat noch andere Schwächen: Zwei Milliarden leiden an Mikronährstoffmangel – sie haben zu wenig Vitamine, Jod und Eisen – und 1,4 Milliarden an Übergewicht und Fettleibigkeit.

Muss also auf unserem Planeten die Getreideproduktion erhöht werden, wie viele behaupten, auch von Seiten der Konzerne und der Agrarindustrie? Umso mehr die Weltbevölkerung ja noch dauernd zunimmt? Nein, denn nur 40 Prozent der Getreideproduktion wird für menschliche Ernährung benutzt. Der größere Teil wird verwendet für Viehfutter–meist als Soja und Sojaschrott aus den USA und Lateinamerika – oder für Treibstoff für unsere Autos.

Dieser Soja wird unter nicht nachhaltigen Bedingungen produziert: Umfällen von riesigen Flächen von Tropenwäldern, Umstellung von Pampawiesen, Anbau von Monokulturen verbunden mit enormen Treibhausgasemissionen, verstärkt noch durch massiven Pestizideinsatz. Hinzu kommt ein hoher Gebrauch von GMO-Saatgut. Es ist also unbedingt notwendig, unseren hohen Fleischkonsum zu überdenken.

Erstes Fazit : Hunger ist also nicht so sehr ein Problem der Produktion von Lebensmitteln, sondern der Verteilung und der Kaufkraft.

Wer leidet am meisten an Hunger und Unterernährung? Sind es diejenigen, die in den Elendsviertel und Slums der Großstädte leben? Ja, aber das ist nur eine Minderheit. Drei Viertel der Hungernden sind bei der Landbevölkerung anzutreffen, hauptsächlich bei Kleinbauern, sowie bei Land- und Waldarbeitern, Landlosen und kleinen Fischern.

Trotz schneller Urbanisierung, ist die Landbevölkerung noch immer in den meisten Entwicklungsländern sehr groß, vor allem in Südsahara Afrika aber auch in Ländern wie Indien oder China.

Diese Kleinbauern wirtschaften in denkbar einfachen Verhältnissen. Ihre Betriebe sind nur ein oder zwei Hektar groß. Die Mehrheit verfügt lediglich über eine Hacke und ein Messer. Und es sind die Frauen, die den größten Teil der Feldarbeit verrichten.

Die Ursachen sind vielfältig. Wie in Indien haben viele keinen Zugang zu Land und müssen ihr Leben als Landarbeiter für Hungerlöhne im Dienst von Großgrundbesitzer verdienen. Eine Lösung kann nur über eine Landreform erfolgen, wie das in China, Südkorea oder Taiwan der Fall war. Und die Flächen, über die Kleinbauern verfügen, werden dauernd verkleinert durch Landgrabbing und Bodenspekulation durch Großbanken, Investmentfonds und transnationale Unternehmen.

Die Regierungen in den Entwicklungsländern müssten der Landwirtschaft in ihren Entwicklungsbemühungen eine viel höhere Bedeutung zukommen lassen. Zu oft haben die Stadteliten die Landbevölkerung einfach ignoriert, wenn sie ihnen nicht noch Steuern abverlangt haben.

Aber auch die Regierungen der reichen Länder haben in ihrer Entwicklungspolitik die Landwirtschaft im Süden vernachlässigt. Der Anteil der Entwicklungshilfe für Landwirtschaft ging von 20 auf 4 Prozent zwischen 1980 und 2004 zurück. Trotz der Welternährungskrise in 2008 werden heute immer nur knappe 5 Prozent zu diesem Zweck ausgegeben. Dieser Anteil ist unbedingt zu erhöhen.

Eine doppelzüngige Freihandelspolitik

Während Jahrzehnten haben die Europäer wie auch die Amerikaner die Entwicklungsländer, besonders diejenigen aus Afrika, dazu gebracht, ihre Märkte zu öffnen. Diese Freihandelspolitik hat die Einkommen der Regierungen durch das Herabsetzen der Zölle vermindert und sie genötigt, ihre Erziehungs- Gesundheits- und Entwicklungsprogramme zu drosseln. Diese Marktöffnung erlaubte uns Europäer, unsere Agrar- und Nahrungsmittelprodukte dort immer stärker zu Dumpingpreisen auf die Märkte zu bringen und somit die Kleinbauern ins Abseits zu drängen und mit ihren Familien in den Ruin zu treiben. Wir haben zu gleicher Zeit unsere europäischen Märkte für Milch- und Fleischprodukte, für Getreide und Zucker mit hohen Zöllen weiter geschützt.

Diese  doppelzüngige Politik wird jetzt noch dadurch verschärft, dass die EU Afrika neue Freihandelsabkommen abgerungen hat, die sogenannten wirtschaftlichen Partnerschaftsabkommen. Ein Bericht, die CONCORD, die Plattform der europäischen NGO’s, ausgearbeitet hat, stellt klar, dass diese Abkommen in keiner Weise zur Entwicklung beitragen werden, nur unseren Nahrungsmittelkonzernen helfen und sich vollkommen im Gegensatz zur Kohärenz der Politik befinden (Artikel 208 des Lissaboner Vertrages). Er rät davon ab, diese Verträge zu ratifizieren.

Ist es verwunderlich, dass sich immer mehr Afrikaner in ihrer Armutslage und Perspektivlosigkeit auf den Weg nach Europa über den Weg nach Lampedusa machen? Viele werden dabei ausgebeutet und verlieren ihr Leben.

Was tun?

Unser „Cercle des ONG“ fordert, dass sich unsere Regierung auch mit diesen Migrationsursachen auseinandersetzt und sich auf der Suche nach Lösungen zu folgendem engagiert:

  • Die Produktionskapazitäten in allen wirtschaftlichen Sektoren in Afrika begünstigen, vor allem in der Landwirtschaft und in der Industrie, so dass eine Vielzahl von Arbeitsplätzen enstehen und dezente Einkommen für die Bevölkerung sowie gerechte Preise für die Produzenten ermöglicht werden.
  •  Die europäische Zusammenarbeits-, Handels- und Landwirtschaftspolitik neu definieren, die den enormen Unterschieden in Entwicklung und Produktivität mit den Entwicklungsländern Rechnung trägt und die ihre Handelsbeziehungen auf das Prinzip der Nicht-Gegenseitigkeit und eine angemessene Regulierung der Märkte basiert. Kleinproduzenten müssen so geschützt werden können.
  • Die Ratifizierung der wirtschaftlichen Partnerschaftsabkommen zurückstellt und eine Studie dieser Abkommen durchführen lässt, die die Auswirkungen dieser Verträge für Entwicklung und Menschenrechte prüft in Zusammenarbeit mit allen Betroffenen.

Auf dem Gipfel der Staats- und Regierungschefs, der vor einigen Wochen in New York über die Bühne ging, wurde eine neue Agenda der nachhaltigen Entwicklungsziele vereinbart.

Ziel zwei gibt sich mit dem Problem der Armut und des Hungers ab. Recht sinnvoll ist, wenn hierbei auf die Notwendigkeit einer nachhaltigen Landwirtschaft gepocht wird. Dass bis 2030, die landwirtschaftliche Produktivität und das Einkommen der Kleinproduzenten verdoppelt werden soll, besonders für Frauen, indigene Völker, bäuerliche Familien, Viehhirten und Fischer. Und das über einen sicheren und gerechten Zugang zu Land und zu anderen produktiven Ressourcen, zu Wissen, finanziellen Dienstleistungen und zu Möglichkeiten in der Wertschöpfung.

Verstärkte Investitionen, auch durch größere internationale Zusammenarbeit, in Infrastruktur, landwirtschaftliche Forschung und dem Aufbau von Saatgutbanken werden als Unterziele aufgeführt. Ebenso Maßnahmen, die die Bauern vor der Belastung von Umweltschäden und des Klimawandels schützen sollen. Die Rolle der Landwirtschaft in dem Erhalten der Diversität von Saatgut und Haustieren wird hervorgehoben.

Das zweite der siebzehn Ziele will die Armut und den Hunger bis 2030 beendigen. Ein lobenswertes Ziel, das sich aber bei der heutigen Freihandelslogik als völlig unrealistisch erweist. Denn die Agenda besteht weiter auf einem „offenen“ Markt, d.h. es bleibt bei der Logik des weltweiten Freihandels. Dies wird die Kleinbauern der Konkurrenz gegen Konzerne und Dumpingimporte weiter ausliefern und zu einer fortlaufenden Verarmung verurteilen.

Jean Feyder,

Autor von Mordshunger

La volatilité des prix des matières premières agricoles observées depuis ces dernières années n’est que marginalement liée à l’aggravation des aléas climatiques. En réalité, elle n’est plus reliée à la loi de l’offre et de la demande et c’est un phénomène inédit qui influe sur l’évolution des prix du blé, du maïs, etc.:

Découvrez la nouvelle campagne de SOS Faim!

Dans notre monde libéralisé où les Etats ne régulent plus les prix, la hausse des prix des produits agricoles sur les marchés internationaux se répercute directement sur ceux des marchés locaux. Au Sud, les consommateurs consacrent les ¾ de leurs revenus à l’alimentation, sacrifiant les dépenses de scolarité ou des soins de santé : la volatilité des prix accentue faim et pauvreté. Quant aux petits producteurs, trop pauvres pour investir, produire suffisamment pour leur propre consommation ou vendre au moment où les prix sont hauts, ils sont eux-mêmes victimes de la hausse des prix. « Produire pour manger c’est toujours bien, produire pour le marché, on y perd », témoignait un paysan du Burkina Faso. Les grands gagnants du système mondialisé et dérégulé sont les gros investisseurs financiers qui opèrent dans l’anonymat et maximisent leur profit au détriment de tous !

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(Article paru dans le Quotidien le 13 octobre 2010)

A l’approche de le Journée moniale de l’Alimentation, le Forum intitulé Droit à l’alimentation et souveraineté alimentaire qui se tiendra au Niger, l’un des pays les plus gravement touchés cette année par la crise alimentaire, manifeste la volonté et la capacité des pays concernés à prendre en main leur destin alimentaire pour ne plus rester à la merci des aides d’urgence du Nord.

 

Au cours de ces trente dernières années, les pays sahéliens ont été confrontés à des crises alimentaires aigues, dont les plus dramatiques furent celles de 1984, 2005 et 2010. Après  un  demi-siècle  d’indépendance,  les  pays  sahéliens  restent  en  proie  à  une insécurité  alimentaire  chronique. En  l’espace de  trente  ans, un pays  comme  le Niger  a enregistré  16  saisons  agricoles  déficitaires  et,  cinq  ans  seulement  après  la  crise alimentaire  de  2005  qui  a  touché  3,6  millions  de  personnes, ce sont plus de 7 millions de personnes qui sont touchées en 2010.

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par: Virginie Pissoort, Responsable de la campagne SOS Faim Belgique.

Que met-on en place pour inverser la tendance de destruction à grande échelle des paysans ? Leur rôle est crucial tant dans les pays pauvres que chez nous.

Il y a un an, le 19 juin 2009, la FAO annonçait que la barre du milliard de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition venait d’être franchie ! La faim sur Terre progresse donc plutôt que de régresser, et ce, alors qu’en l’an 2000, les Nations unies s’étaient engagées – moralement certes – à diminuer de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à 2015 (Objectif du millénaire – OMD – n°1). Inexorablement, sourdement, la faim continue ses ravages, frappant encore et surtout des paysans, des paysannes et leurs familles qui, trop pauvres pour produire suffisamment et dans de bonnes conditions, n’arrivent pas à vivre décemment de leur travail !

Et depuis l’annonce sans remords de ce chiffre honteux, il y a un an, qu’a-t-on fait, concrètement ? Qu’a-t-on entrepris pour éradiquer durablement ce fléau et donner enfin aux 3 milliards de paysans et à leurs proches l’opportunité de travailler, de manger et de vivre ? Qu’a-t-on mis en place pour inverser cette tendance de destruction à grande échelle des plus vulnérables ?

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