spéculation financière


432 000 euros, c’est le niveau moyen de la fortune détenue par les adultes luxembourgeois (contre une moyenne européenne de 167.100 euros, d’après le rapport publié par la banque suisse Julius Baer) : le plus élevé d’Europe et donc parmi les premiers au monde. A l’autre bout du spectre, plus d’un milliard de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour… soit moins de 400 euros par an.

Soit un écart de un à mille entre les plus pauvres de la planète qui ne parviennent pas à nourrir leur famille, et ceux qui ont « la chance » d’être privilégiés, les habitants d’un petit pays de 550 000 habitants… où la pauvreté existe aussi!
« L’engagement en faveur des plus pauvres et des plus vulnérables est une composante essentielle de la politique étrangère de notre pays et montre que nous assumons notre part de responsabilité en tant que membre de la communauté internationale », déclare Xavier Bettel, Premier ministre Luxembourgeois,  en avant-propos du baromètre Fair politics publié récemment par le Cercle des ONG.
De fait, selon un rapport de l’OCDE, « l’énorme augmentation des inégalités globales de revenus est l’aspect le plus significatif, et le plus inquiétant, de développement de l’économie mondiale au cours des 200 dernières années », la mondialisation ayant « contribué à accentuer les inégalités de revenu dans les pays. » Et le rapport de Julius Baer de préciser : « Il est important de comprendre qu’une inégalité excessive ralentit la croissance économique d’un pays et affaiblit la demande globale ».
Pourquoi l’écart de richesses se creuse-t-il ? Les efforts mis en œuvre par les politiques de coopération des pays riches, au rang desquels le Grand-Duché compte parmi les plus généreux avec 1% de son RNB consacré à l’aide publique au développement, auraient-ils échoué? Le travail déployé par les ONG et les nombreuses serait-il vain? Les politiques et stratégies de réduction de la pauvreté orchestrées par les agences onusiennes seraient-elles inefficaces?
…A quoi bon tous ces efforts si la pauvreté ne recule pas?

Ces questionnements « à quoibonnistes » qui débouchent couramment sur un encouragement à l’enfermement sur l’espace national, sont strictement démagogiques et laissent de côté l’origine réelle des disparités croissantes.
Concentrons-nous sur la politique de coopération des pays riches en faveur des pays en développement : « chaque décision politique nationale peut avoir une incidence sur la coopération au développement, c’est à dire en renforcer ou diminuer les effets », explique Mars Di Bartolomeo, le Président de la Chambre des Députés luxembourgeois dans sa contribution au Fair Politics.
Ce baromètre se veut un appel des ONG luxembourgeoises à ouvrir les yeux sur les dégâts causés par les intérêts divergents aux enjeux du développement, qui donnent priorité aux profits des investisseurs avant celui des populations locales, balayant effrontément le travail réalisé sur le terrain par les acteurs du développement!
Les incohérences sont nombreuses qui portent atteinte aux efforts de la coopération et amenuisent, voire annulent, ces bénéfices : l’Afrique subsaharienne qui rassemble la plus forte concentration de pays les moins avancés (PMA), voit chaque année l’équivalent de 5,7% de leur PIB quitter les territoires des pays, privant les finances publiques d’autant de fonds pourtant nécessaire à construire le développement! D’après le baromètre, les flux financiers illicites ont augmenté en moyenne de 10,2% entre 2002 et 2011, ce qui dépasse largement le taux de croissance moyen des PIB.
De même, la recherche de rendement par les investisseurs est tout à fait souhaitable, mais ne serait-il pas temps que leurs conseillers s’avisent, et les avisent, de l’impact de la maximisation des profits économiques et « court-termistes » qui ne prennent pas en compte les dégâts sociaux ni environnementaux ? Or, entre autres exemples, les produits d’investissements basés sur l’évolution des prix des matières premières agricoles paraissent attractifs, alors que ces pratiques spéculatives rendent les investisseurs complices de la concentration des terres dans les mains des plus riches et de la hausse des prix alimentaires, menaçant la sécurité alimentaire des plus pauvres et l’avenir des petits agriculteurs.
… A l’opposé, investir dans l’agriculture paysanne, c’est investir dans le long terme et réduire les inégalités. Avec Luxemburg responsible Finance platform, le Grand-Duché montre que la distinction entre les fonds éthiques et les autres est possible.

Marine Lefebvre

Avec le classement Doing Business et le benchmarking The Business of Agriculture, la Banque Mondiale prétend « Favoriser le climat des affaires ». Ce recensement note les pays en fonction de la facilitée concédée à l’installation des entreprises étrangères sur leur territoire…
Ces facilités consistent notamment en une réduction des procédures administratives, des règlementations sociales et environnementales, ainsi qu’en une diminution des taxes ou encore en une suppression des obstacles au libre-échange. Avec ce classement, la Banque Mondiale encourage également les réformes foncières qui font de la terre une marchandise que les entreprises peuvent facilement acquérir. Dans ce processus de classement, ni les droits humains, ni le droit à l’alimentation, pas plus que les droits économiques et sociaux, la protection des travailleurs ou la gestion durable des ressources naturelles, ne sont pris en compte.
En développant de tels instruments, la Banque Mondiale continue d’imposer de manière systématique un modèle de développement unique dominé par l’agro-business. Pourtant, cette approche menace gravement la sécurité et la souveraineté alimentaires des pays en développement, alors même que chercheurs et petits paysans convergent dans la mise en évidence de la capacité de la petite agriculture à nourrir le monde. On le sait trop peu, mais 80% de la nourriture consommée dans le monde est produite par les petits paysans : ils sont les garants de la sécurité alimentaire des populations, de la souveraineté alimentaire des pays, et sont de loin les principaux investisseurs dans le secteur agricole des pays en développement. C’est leur capacité à investir dans leurs moyens de productions et dans la qualité de leurs terres qui devrait être renforcée, et non pas le rouleau compresseur des multinationales qui privent les petits producteurs de leur terre, détruisent la biodiversité et engraissent les gros actionnaires !
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Les exemples sont désormais légion. Au Sénégal, le gouvernement a donné la priorité à un grand projet agro-industriel voué à l’export au détriment des communautés locales d’éleveurs : 20 OO0 hectares ont été cédés à Senhuile-Senéthanol dont l’une des finalités est de produire du biocarburant destiné aux voitures des Etats européens, au moment où le gouvernement doit importer pour un coût de plusieurs milliards, des tonnes de vivre pour nourrir les Sénégalais. Situé aux abords du fleuve, la zone du projet a un potentiel important, tant en termes d’élevage que d’agriculture. L’activité principale des 9000 habitants de la zone du projet est l’élevage semi-nomade. En bloquant l’accès aux pâturages, à la collecte d’eau et de bois, l’opération de Senhuile-Senéthanol met gravement en danger les moyens de subsistance de la population locale.
N’ayant pas été consultées, les populations locales se sont mobilisées. « Fanaye, ce n’est pas un village violent, mais on ne peut pas venir ici, nous marginaliser et faire de nous des manœuvres, alors on a organisé des marches », explique Alhousseynou Dibo. Des heurts ont opposés les villageois aux forces de l’ordre et ont fait deux morts. Le projet a alors été déplacé vers une autre zone qui affectera tout autant les communautés locales, mais n’a pas été remis en question par le gouvernement.
Pourtant, les initiatives présidentielles qui ont découlé des crises énergétiques et alimentaires de 2008 prétendaient chercher l’autosuffisance et améliorer la sécurité alimentaire du pays.
« Inclure les populations locales dans la détermination des futurs projets de développement n’est pas seulement une question de respects des droits humains. C’est également le seul moyen de mettre en œuvre un modèle de développement pouvant utiliser le plus efficacement et durablement les ressources locales pour le bien-être de tous, et le développement du pays. »
Loin d’être isolé, le « cas Sénhuile-Sénéthanol » est emblématique d’un phénomène qui a conduit au lancement d’une campagne intitulée Our land, our business, visant à faire stopper le classement Doing Business, qui favorise l’accaparement des terres au mépris de son impact social et environnemental, et à arrêter le développement du Benchmarking The Business of Agriculture, le nouvel instrument de la Banque mondial destiné à ouvrir encore davantage les secteurs agricoles aux multinationales prédatrices. Il est de notre responsabilité, populations du Nord, de faire entendre raison à la Banque Mondiale : son rôle n’est pas de classer les pays en fonction de leur degré de docilité à l’égard des entreprises étrangères avides d’exploiter leurs ressources naturelles et leurs populations !
Rejoignez la campagne
Marine Lefebvre

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Jean Feyder, ancien Représentant du Luxembourg auprès des Organisations internationales à Genève, auteur de La faim tue (l’Harmattan, 2011), membre de SOS Faim, nous livre ses analyses suite à sa participation au dernier Forum Social Mondial de Tunis en mars 2013.

J’ai été frappé de constater la place importante que dans les activités du Forum Social Mondial les questions liées à l’agriculture et à la paysannerie au niveau  mondial ont occupée.

Cela a d’abord été dû à la présence et à l’engagement de La Via Campesina.

LVC a d’abord animé un  atelier dans le cadre de Climate Justice/Space  2013 (voir ci-après) consacré à ‘La souveraineté alimentaire, l’agro-écologie et le slow food comme solutions aux dérèglements climatiques’.

LVC a, en plus, organisé des ateliers sur les thèmes suivants :

  • Globalisons le mouvement paysan et défendons la souveraineté alimentaire’,
  • ‘Pour la souveraineté alimentaire : Non aux Accords de Libre Echange (APE) entre l’Afrique et l’Europe,
  • ‘Faire pousser le pouvoir avec les systèmes de semences paysans : Lutte contre les OGMs Agra – 2ième révolution verte’,
  • ‘Lutte contre les accaparements de terre : renforcement des alliances internationales’, Campagne du mouvement paysan contre les violences faites aux femmes.

              Le Forum Mondial des Alternatives a organisé une réunion sur le thème : La question agraire, Critique des théories et pratiques dominantes. Reformulations théoriques des alternatives radicales’ où  j’ai été invité à participer à côté d’autres spécialistes de la question de Chine, de l’Inde, du Maroc, du Sénégal et  le professeur Jacques Berthelot.

              Brot für die Welt a examiné ‘L’impact de la dépendance élevée à l’importation des aliments, surtout de blé et la viande, en Afrique du nord et de l’ouest, sur la sécurité alimentaire et le stabilité sociale’, Attac France s’est engagé en faveur de la défense de la promotion des paysanneries du monde, Peuples Solidaires s’est penché sur la question de l’Accaparement des terres –Rencontre des plateformes nationales, la CIDSE a thématisé la question de l’impact des agro-carburants sur le droit à l’alimentation dans le contexte de la souveraineté alimentaire et énergétique. Le CNCD 11.11.11 belge a organisé un atelier sur la souveraineté alimentaire versus souveraineté énergétique : l’impact des agro-carburants sur le droit à l’alimentation. Actionaid International a sensibilisé sur l’investissement responsable dans l’agriculture, Attac a tenu  un atelier sur le thème ‘Faire progresser la souveraineté alimentaire à partir de l’expérience de l’Afrique de l’Ouest’. Le CNCD 11.11.11, l’Institute for Agriculture and Trade Policy et le Kenya Debt Relief Network et Attac France ont organisé un atelier sur le thème ‘Echanges, investissements et règles des marchés des matières premières : effet sur la sécurité alimentaire’.

(suite…)

Lettre ouverte à M Jean-Claude Juncker, premier-ministre, M Luc Frieden, ministre des Finances, M Laurent Mosar, président de la Chambre des Députés.

Le Cercle de Coopération asbl appelle le Gouvernement et la Chambre des députésà interdire les fonds spéculatifs sur les matières agricoles domiciliés au Luxembourg !

Et ceci, afin que le Gouvernement demeure cohérent dans sa volonté infaillible de lutter efficacement contre la pauvreté et la faim.

Luxembourg, le 25 mars 2013

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Monsieur le premier-ministre,

Monsieur le ministre des Finances,

Monsieur le président de la Chambre des députés,

Les associations membres du Cercle de Coopération des ONG de développement au Luxembourg, réunis en leur Assemblée Générale ordinaire le 19 mars 2013, appellent le Gouvernement et la Chambre des députés à interdire les fonds spéculatifs sur les matières agricoles domiciliés au Luxembourg.

 Le 17 septembre 2012, le Cercle des ONG et trois de ses membres (Caritas Luxembourg, ASTM et SOS Faim) adressaient une lettre ouverte au Ministre des Finances lui demandant de préciser les mesures qu’il pourrait prendre (sur les plans national et européen) en vue de limiter la spéculation financière sur les matières premières agricoles qui aggrave la pauvreté et la faim dans le monde.

Deux semaines plus tard, le Cercle des ONG publiait la première édition du « baromètre sur la cohérence des politiques luxembourgeoises pour le développement » (www.fairpolitics.lu). Sept exemples d’incohérence y étaient mentionnés, dont celui relatif à la spéculation financière sur les matières premières agricoles. (suite…)

D’importantes fluctuations des prix des matières premières agricoles sont observées depuis ces dernières années. Si les aléas climatiques ont également augmenté dans la même période, ils ne sont qu’une cause marginale d’une volatilité qui n’est plus reliée à la loi de l’offre et de la demande. L’évolution des prix du blé, du maïs, etc… résulte en fait d’un phénomène inédit, celle d’une spéculation massive de la part de nouveaux investisseurs financiers.

Une tendance lourde est mise en évidence depuis ces années : l’attraction des marchés spéculatifs pour les matières premières agricoles. A travers des opérations financières complexes (contrats à terme, fonds indiciels,…) et opaques, hedge funds, fonds de pension, fonds souverains…, le volume des produits financiers dérivés est devenu 20 à 30 fois supérieurs à la production physique des matières échangées.

Si les « future contracts » se sont développé depuis le 19ème siècle pour aider les négociants en grains à se prémunir contre les incertitudes du marché des céréales en garantissant un prix fixé à l’avance, les spéculateurs sur les matières premières jouaient traditionnellement un rôle d’intermédiaire entre les fermiers et leurs partenaires commerciaux.

Avec la dérégulation des marchés financiers et agricoles aux Etats-Unis et dans l’UE, les marchés à terme se sont ouverts à de nouveaux investisseurs dont les motivations relèvent exclusivement d’une logique de profits. Sans jamais entrer en possession physique des matières achetées, ils parient sur l’évolution des prix des produits alimentaires, induisant ainsi pour partie la volatilité des prix observés sur le marché mondial. Or, la hausse des prix des produits agricoles sur les marchés internationaux se répercute directement sur ceux des marchés locaux. Au Sud, les consommateurs consacrent les ¾ de leurs revenus à l’alimentation, sacrifiant les dépenses de scolarité ou des soins de santé : la volatilité des prix accentue faim et pauvreté. Trop pauvres pour investir, produire suffisamment pour leur propre consommation ou vendre au moment où les prix sont hauts, les petits producteurs sont eux-mêmes victimes de la hausse des prix. « Produire pour manger c’est toujours bien, produire pour le marché, on y perd », témoignait un paysan du Burkina Faso. Les grands gagnants du système mondialisé et dérégulé sont les gros investisseurs financiers qui opèrent dans l’anonymat et maximisent leur profit au détriment de tous !

Pour preuve ? Ces échanges de titres sur des matières agricoles qui n’existent pas : en mars 2011, 76 millions de tonnes de blé ont été échangées à la bourse de Chicago, alors même que la récolte annuelle mondiale n’était que de 9 millions de tonnes !

De plus en plus d’observateurs et de décideurs politiques internationaux dénoncent ces pratiques spéculatives : c’est le cas du Commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services, Michel Barnier, mais aussi du Rapporteur Spécial des Nations Unies sur le Droit à l’Alimentation, Olivier de Schutter, dont les travaux de recherche sont d’ailleurs soutenus par le Luxembourg.

Remédier à la volatilité des prix des matières premières agricoles réclame de réguler et de règlementer les marchés financiers. Il s’avère impératif d’interdire l’accès aux marchés agricoles à tous les investisseurs financiers extérieurs à la chaîne agro-alimentaire. Seules, des politiques agricoles de stabilisation des prix (constitution de stocks publics, fixation de prix minimum, …) seront en mesure d’établir des prix stables et rémunérateurs pour les producteurs. Les organisations paysannes des pays du Sud réclament des politiques commerciales plus justes, reconnaissant la souveraineté alimentaire des Etats, ainsi que des politiques de coopération adaptées, donnant priorité à l’agriculture paysanne.

Le Luxembourg est à la fois une des plus grandes places financières mondiales et un des pays les plus généreux au monde en matière d’aide au développement. Adoptée en mai 2012, la nouvelle loi sur la coopération au développement a inscrit la sécurité alimentaire comme un domaine prioritaire. Dans un souci de cohérence, le gouvernement devrait jouer un rôle majeur pour limiter voire interdire ce type de dérives spéculatives : empêcher une concentration excessive et opaque des marchés des matières premières de manière à éviter toute manipulation des cours et ainsi à limiter la volatilité des prix agricoles.

Suite au courrier adressé le 17 septembre au ministre Luc Frieden demandant au gouvernement d’agir en faveur d’une stricte régulation des fonds au niveau national et européen, le collectif de campagne contre la spéculation sur les matières premières (Action Solidarité Tiers Monde (ASTM), Caritas Luxembourg, Cercle de Coopération et SOS Faim Luxembourg), reste en attente d’une réponse. Depuis cette date, l’adoption par le Parlement européen de plusieurs textes législatifs (MIFID 2 et MIFIR) traitant de la régulation des marchés d’instruments financiers marquent une avancée dans la bonne direction mais bien du chemin reste à faire pour mettre fin à des pratiques qui mettent en péril la sécurité alimentaire des populations les plus fragiles.

Marine Lefebvre

Article paru dans le Luxemburger Wort le 24 novembre 2012

A l’automne 2012, le Cercle de Coopération du Luxembourg a initié le « Baromètre 2012 de la cohérence des politiques luxembourgeoises pour le développement équitable et durable« 

La volatilité des prix des matières premières agricoles observées depuis ces dernières années n’est que marginalement liée à l’aggravation des aléas climatiques. En réalité, elle n’est plus reliée à la loi de l’offre et de la demande et c’est un phénomène inédit qui influe sur l’évolution des prix du blé, du maïs, etc.:

Découvrez la nouvelle campagne de SOS Faim!

Dans notre monde libéralisé où les Etats ne régulent plus les prix, la hausse des prix des produits agricoles sur les marchés internationaux se répercute directement sur ceux des marchés locaux. Au Sud, les consommateurs consacrent les ¾ de leurs revenus à l’alimentation, sacrifiant les dépenses de scolarité ou des soins de santé : la volatilité des prix accentue faim et pauvreté. Quant aux petits producteurs, trop pauvres pour investir, produire suffisamment pour leur propre consommation ou vendre au moment où les prix sont hauts, ils sont eux-mêmes victimes de la hausse des prix. « Produire pour manger c’est toujours bien, produire pour le marché, on y perd », témoignait un paysan du Burkina Faso. Les grands gagnants du système mondialisé et dérégulé sont les gros investisseurs financiers qui opèrent dans l’anonymat et maximisent leur profit au détriment de tous !

(suite…)