PAC


La fin des quotas laitiers européens en 2015 a entrainé une chute vertigineuse des prix … et une hausse massive des exportations. Les producteurs européens ne gagnent plus leur vie… et les petits producteurs laitiers africains sont laminés par l’afflux de lait en poudre à bas coût.

 

En chute vertigineuse depuis deux ans, le prix du lait payé aux éleveurs européens ne couvre plus les coûts de production et le nombre d’exploitations en situation de cessation d’activité ne cesse de croitre. Dans le même temps, les chiffres du commerce extérieur européen des produits laitiers affichent une dynamique insolente avec un excédent commercial de 8,7 milliards € en 2015 et des produits laitiers français qui s’enorgueillissent d’être « des champions de l’export : sur 10 litres de lait collectés, 4 sont exportés ! »

Quel est ce système agro-alimentaire où l’excédent commercial laisse penser qu’un secteur se porte bien ?

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Si la fin des quotas laitiers suscite une inquiétude légitime pour les producteurs européens, qui est prêt à prendre en compte leurs répercussions plus négatives encore sur les pays en développement ?

Les quotas laitiers européens avaient été mis en place en 1984 pour maîtriser les excédents. Depuis 2008, ils ont été augmentés de 1% tous les ans pour préparer le secteur à l’après-quotas. Or, la suppression des limitations de production qui entrera en vigueur au printemps, aura pour probable conséquence, une nouvelle chute des cours.
Alors que les producteurs européens sont en situation de surproduction et sont rémunérés au plus bas, voire parfois sous les coûts de production, la fin des quotas va, curieusement, signifier une augmentation de la production européenne : en raison de la demande d’une classe moyenne émergente fortement consommatrice, l’exportation vers les marchés asiatique et africain apparaît comme une formidable opportunité commerciale. « Ces pays émergents sont dans l’incapacité d’assurer leur sécurité alimentaire », peut-on lire dans la presse spécialisée agricole ! Mais ce qui semble positif pour la balance commerciale de l’UE, l’est-il également pour le développement des pays importateurs ? village Boborola (389)

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Mardi 19 mars 2013 

 

Le 13 mars dernier, le Parlement européen a voté 4 propositions législatives visant à réformer la politique agricole commune (PAC) de l’UE. Ce vote en plénière du Parlement européen marque certes une légère avancée sur le vote catastrophique de la commission agriculture du Parlement de janvier 2013. Mais pour SOS FAIM, les ambitions des parlementaires européens pour une nouvelle politique agricole européenne plus durable et plus solidaire sont décevantes.

 
reforme-pac-2Les déceptions majeures sont liées surtout au plafonnement des aides à un montant bien trop élevé (300.000 €), ce qui continue à légitimer la logique agro-intensive actuelle. Elles sont aussi liées à des mesures de verdissement trop timides (refus de la rotation des cultures), ce qui ne permettra ni de réduire notre dépendance aux protéines ni d’avancer dans les pratiques agro écologiques. Mais au-delà de ces doléances, le Parlement européen a par ailleurs balayé d’un revers de la main les amendements proposés par la Commission Développement du Parlement qui visaient à prendre en compte l’impact de la PAC sur les pays du Sud.

L’agriculture européenne, tant par sa dépendance aux importations (soja surtout) et sa logique d’exportations (produits laitiers, viande, céréales,…), impacte lourdement les petits producteurs des pays en voie de développement. L’objectif des amendements proposés était que la nouvelle PAC intègre concrètement les obligations de cohérence des politiques que l’UE s’est donnée. Cela devait passer par une PAC plus centrée sur le développement d’une agriculture à taille humaine, durable et destinée aux marchés locaux, mais cela impliquait également la mise en place de garde-fous en faveur des pays en voie de développement.

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Pendant que le Parlement Européen piétine face à la nécessaire réforme fondamentale de la Politique Agricole Commune (PAC), des alternatives agricoles prennent forme sur notre continent. Synthèse d’approches traditionnelles et de connaissances récentes des sciences du vivant, ces initiatives apportent un flot de résultats tangibles sur lesquels un nombre croissant de scientifiques acceptent de se pencher, accompagnant la remise en question du bienfondé de l’ensemble de notre système alimentaire actuel.

Nous, Européens, condamnés que nous sommes à diviser notre empreinte écologique par 3, (ou alors il faudrait 3 planètes pour que la population mondiale puisse consommer comme nous le faisons…), ne pouvons que nous réjouir de l’accumulation de données de terrain qui font la preuve que les petites exploitations agricoles sont plus efficaces que les grandes, et pas seulement dans les pays du Sud !

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Alors que l’agriculture soutenue par la PAC depuis 50 ans en favorisant toujours davantage les grands exploitants et condamnant les petits à disparaître, utilise de 10 à 12 calories fossiles pour produire une calorie alimentaire, les petites fermes non mécanisées n’en consomment que 2… Mieux encore : plus les exploitations agricoles sont petites, plus elles sont productives par unité de biomasse. Ca tombe bien : 90% des fermes mondiales disposent de moins de 10ha et un milliard restent tributaires du travail manuel.

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SOS Faim s’associe à ce texte co-signé par différentes organisations françaises

Au Nord comme au Sud, il est temps de soutenir les agricultures familiales. Le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, reconnaissait récemment qu’il faut « sortir d’un système qui n’a pas fonctionné, dans lequel le Nord nourrit le Sud, pour un système plus efficace où le Sud progresse dans son autonomie alimentaire ». La réforme de la Politique agricole commune pour 2014-2020 va-t-elle dans ce sens ? Les propositions présentées le 12 octobre par la Commission européenne sont loin du compte !
L’agriculture, essentiellement familiale, fait vivre jusqu’à 80% des populations des pays les plus pauvres de la planète. Les paysans du Sud, qui sont très majoritairement des femmes, représentent également 75% des 925 millions de personnes touchées par la faim. C’est pourquoi, l’Union européenne place le soutien à l’agriculture familiale parmi les priorités de sa politique de développement. Mais avec la nouvelle PAC, l’UE menace, comme par le passé, de reprendre d’une main ce qu’elle donne de l’autre et d’aggraver le sort des agriculteurs du Sud en continuant d’éliminer les petits paysans Européens. En effet, l’Union européenne, premier importateur et deuxième exportateur mondial de denrées alimentaires, est un acteur majeur sur le marché international. Ses décisions ont donc une influence déterminante sur l’alternance brutale de flambées et d’effondrements des prix agricoles mondiaux qui affectent durement les revenus de millions de paysans. Or, depuis plusieurs décennies, dans le cadre d’une stratégie globale de libéralisation des marchés agricoles, les mécanismes de maîtrise de la production (quotas laitiers, etc.) et de régulation des marchés agricoles (stocks publics, etc.) ont été peu à peu abandonnés. Les propositions de l’UE obéissent à cette logique  dangereuse qui la prive de moyens pour contribuer à limiter la volatilité des prix agricoles mondiaux. Une menace pour la sécurité alimentaire mondiale.
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