droit à l’alimentation


Déjà 10 000 ans que les paysans et paysannes du monde entier sélectionnent les meilleures graines de leurs récoltes pour les ressemer, les échanger ou les vendre à leurs voisins. Ce faisant, ils favorisent ainsi les plantes qui répondent le mieux aux besoins de populations qui les consomment, comme aux évolutions climatiques, et contribuent ainsi à une amélioration continue et à une diversification de la biodiversité cultivée. Mais ces fonctions essentielles et millénaires sont menacées par la mise en place de législations qui, depuis le milieu du XXè.s., ont soutenu le développement d’une agriculture où l’industrie a joué un rôle croissant dans la sélection et la production des semences, et où les nouvelles normes (règles commerciales, droits de propriété intellectuelle) dépossèdent les paysans de leur droit aux semences et les rendent dépendants d‘une poignée de multinationales.

 

Là n’est pas l’unique cause, mais il faut rappeler que 80 % des personnes souffrant de la faim vivent en zone rurale et 50 % d’entre elles ne parviennent plus à vivre de leur petite exploitation agricole : sans accès aux semences, sans possibilité de les reproduire, les échanger, les vendre, comme cela s’est toujours pratiqué, c’est bien le droit à l’alimentation des paysans et de leurs familles qui est remis en cause…

Au nom de « l’amélioration génétique », les politiques agricoles de nombreux pays riches ont contribué à mettre en place des législations empêchant les paysans d’utiliser leurs propres semences. Une autre évolution est venue entraver le droit des paysans aux semences : « les droits de propriété intellectuelle se sont considérablement renforcés ces dernières années partout dans le monde, à la demande des pays développés et au profit de leurs industriels », a dénoncé Olivier De Schutter, l’ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation.

Sécuriser les paysans face aux discriminations

Pour toutes ces raisons, il importe de reconnaitre et de sécuriser le droit des paysans aux semences en lui conférant la valeur d’un droit humain. Ce droit, d’abord coutumier, commence à être reconnu formellement. « Mais les règles actuelles sont infiniment moins protectrices pour les paysans que les législations relatives aux droits de propriété intellectuelle ou à la commercialisation des semences, généralement favorables aux puissantes multinationales semencières », regrette les experts réunis par Coordination Sud pour réaliser l’étude intitulée Le droit aux semences, un droit essentiel pour les paysans.

En complément des droits universels de tout être humain, il est nécessaire de reconnaître des droits spécifiques pour permettre aux paysans de combattre les discriminations dont ils sont la cible. C’est à cette fin que des négociations se poursuivent devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU qui devraient déboucher sur une Déclaration des Nations unies.

À la différence d’une convention ou d’un pacte, une Déclaration n’est pas contraignante. Mais une Déclaration peut être reprise dans des textes internationaux obligatoires, ainsi qu’au niveau des États et des unions d’États, dans les constitutions et les législations. Les droits deviennent alors contraignants et leurs violations passibles de sanctions.

Cette perspective donne beaucoup d’espoir aux mouvements paysans du monde entier et notamment au premier d’entre eux, la Via Campesina, mais aussi à toutes les organisations de solidarité, dont SOS Faim : parvenir à protéger les pratiques paysannes garantes de résilience et de biodiversité et à rétablir un rapport de force moins déséquilibré avec les multinationales qui dominent le marché des semences protégées.

Pour la société civile, dont les mouvements paysans, il faut à présent veiller à ce que cet article soit maintenu dans la Déclaration et ne soit pas vidé de son contenu.

Marine Lefebvre

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Avec une croissance officielle à deux chiffres au cours des dix dernières années, et la plus forte hausse des nouveaux millionnaires, l’Ethiopie était devenue le modèle de développement pour le continent africain. Pourtant, de nombreux signaux sont au rouge… qui se traduisent notamment par l’inquiétude des partenaires de SOS Faim sur le terrain.

 

Au vue des indicateurs macroéconomiques, le tigre éthiopien a certes de quoi s’enorgueillir, mais force est de constater que la croissance n’élimine pas la pauvreté. Et si le spectre de la famine qui a hanté le pays dans les années 80 semblait désormais bien loin, de nouvelles alertes viennent souligner la fragilité du succès éthiopien et rappeler que le pays reste tributaire d’une agriculture de subsistance.  Au printemps 2016, la FAO signalait : « les taux d’insécurité alimentaire et de malnutrition sont alarmants dans ce pays de la Corne de l’Afrique qui compte quelque 10,2 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire. Un quart de tous les districts en Ethiopie sont officiellement classés en «crise de sécurité alimentaire et nutritionnelle», ajoutant que « Il est important de comprendre que la sécheresse en cours n’est pas juste une crise alimentaire — c’est avant tout une crise de moyens d’existence».

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Dans le même temps, le nombre de millionnaires (en dollars) dans le pays a augmenté de 108 % entre 2007 et 2013 pour atteindre 2 700 personnes, soit une hausse plus rapide que dans tout autre pays du continent !

Difficile de se réjouir du nombre de millionnaires quand plus de 30% de la population continue de vivre sous le seuil international de pauvreté. Et que dire d’un développement où, avec une population rurale a plus de 80%, les campagnes sont les grandes oubliées du développement ?

Le fait est que les populations laissées pour compte sont lasses de voir le miracle économique se dérouler non seulement sans elles, mais parfois même à leur détriment, en témoigne l’accaparement de terres orchestré par des dirigeants avides d’attirer des investisseurs étrangers.

Depuis 2015, plusieurs révoltes  des populations oromo et amhara, laissées-pour-compte de la croissance, ont été réprimées dans le sang, instaurant une atmosphère très pesante, comme l’ont constaté les chargés de mission de SOS Faim : « Les partenaires rencontrés nous ont fait part de leur sentiment d’inquiétude par rapport à la situation. La majeure partie de la région Oromo est aujourd’hui sous administration militaire. En outre, cette situation a un impact sur la totalité des activités en secteur rural et sur les actions de recouvrement menées par les institutions et microfinance en particulier. Notons enfin que les tensions politiques sont aussi dues au fait que les Oromos sont de plus en plus réticents à payer leurs taxes foncières, et ce en signe de protestation.» En écho de ce témoignage, celui, adressé récemment par mail d’un cadre éthiopien dont nous taisons le nom par mesure de sécurité : « Nous rencontrons de sérieuses difficultés ces temps-ci qui se répercutent sur les remboursements. Dans les deux tiers de nos agences, les gens sont restés chez eux durant toute la semaine car il était impossible de sortir et de circuler. Plusieurs agences ont même été incendiées. On ne peut encore savoir dans quelle mesure cette situation va affecter les activités des paysans alors que la saison des récoltes approche et que leurs revenus de toute une année dépendent de cette récolte et de sa vente… »

Peut-on se contenter de voir dans ses évènements l’un des revers de la médaille de la croissance ?

Selon le chercheur Jean-Nicolas Bach, l’Etat « dévelopementaliste » éthiopien correspond à  « un Etat très dirigiste qui contrôle son économie (…). Les limites politiques du projet dirigiste sont là : quand on contrôle tout, on ne crée pas la confiance indispensable pour attirer les financements extérieurs, ni pour que les Ethiopiens investissent. Ces troubles ont jeté une lumière crue sur une situation économique et politique moins glorieuse que celle affichée depuis dix ans. L’Ethiopie était jusqu’à récemment le pays le plus stable de la corne de l’Afrique. La communauté internationale fermait les yeux sur son autoritarisme pour favoriser cette stabilité. Mais privilégier l’autoritarisme à l’ouverture politique est une vision de court terme qui finit par créer une situation interne explosive. »

 

Marine Lefebvre

Le climat change, l’alimentation et l’agriculture aussi !

Près d’un milliard d’êtres humains souffrent chaque jour de la faim et pourtant… l’agriculture mondiale produit suffisamment pour nourrir toute la population du globe, tandis qu’un tiers de la nourriture destinée à la consommation humaine mondiale, soit 1,3 milliard de tonnes, est jeté chaque année à la poubelle ! Chaque 16 octobre, la Journée Mondiale de l’Alimentation sert à nous rappeler que ce fléau n’est pas une fatalité et que la faim dans le monde peut être éradiquée.

 

Les premières victimes de la faim sont les paysans et leur famille qui vivent principalement dans les pays en développement, précisément là où les aléas du changement climatiques (hausse des températures, sécheresses, inondations, événements météorologiques extrêmes, etc.) impactent lourdement le secteur agricole. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) prévoit une baisse de 10% des rendements agricoles d’ici 2050 en Afrique sub-saharienne. Or, dans ces régions, la majeure partie de la population dépend de l’agriculture. Le changement climatique y est une réelle menace pour la sécurité alimentaire et risque de mettre à mal la tendance générale de recul de la faim dans les pays en développement.

  • L’agriculture : solution au changement climatique

Dans les pays développés en revanche, l’agriculture est une des principales causes du changement climatique : l’ensemble du système agro-alimentaire est à l’origine d’un tiers des émissions anthropiques actuelles de gaz à effet de serre (GES), conséquences de nos modes de production et de consommation. Face au changement climatique, le modèle agricole dominant est confronté à un double dilemme : alléger son empreinte sur l’environnement et garantir la sécurité alimentaire d’une population mondiale en pleine croissance. Produire plus n’est donc pas la juste réponse à la crise alimentaire. La solution ? Changer de modèle agricole et alimentaire, garantir le droit à l’alimentation et entamer la transition vers un système alimentaire durable.

Le système agro-industriel a porté lourdement préjudice à l’environnement et aux équilibres naturels. Pour nourrir les 9,6 milliards d’habitants que comptera la planète d’ici 2050, nous devrons apprendre à cultiver autrement, dans une optique durable.

  • A vos fourchettes, faites un geste pour la planète !

L’alimentation est un levier d’action pertinent pour réduire les émissions de GES via une transformation profonde de l’ensemble des filières : production, distribution, conservation, transformation, consommation. En tant que consommateur, nous avons donc un rôle essentiel à jouer pour encourager la transition vers des systèmes alimentaires durables.

Tous nos choix de consommation ont un impact sur l’environnement, la société et la faim dans le monde. Nous avons en main une arme redoutable : celle de pouvoir changer les choses par de nouveaux modes de consommation. C’est en utilisant notre pouvoir de consommateur que nous pourrons inciter les fabricants, les distributeurs, les détaillants et les politiques à adopter d’autres modes de production.

Cécile Havard

http://www.sosfaim.lu

Affiche-DiscoSoupe.pngYes WE CUT !

Afin de célébrer la Journée Mondiale de l’Alimentation, l’équipe de SOS Faim vous invite à sa *DISCO SOUPE* le samedi 15 octobre 2016 de 17 à 21h à la Mesa (1 rue du Moulin Esch-sur-Alzette).

Venez munis de votre plus bel éplucheur pour montrer ensemble que ce n’est pas « la fin des haricots » !

Lutter contre le gaspillage alimentaire c’est agir à son niveau pour un meilleur partage des ressources alimentaires sur la planète alors: ensemble épluchons contre le gaspillage alimentaire !

 

 

Près d’un milliard d’être humains souffrent chaque jour de la faim… Et pourtant près d’un tiers de la consommation humaine mondiale, soit 1,3 milliards de tonnes sont jetés chaque année à la poubelle.

Une polémique autour du gaspillage alimentaire a récemment ressurgi dans l’actualité suite au « scandale du pain » déclenché fin avril par des photos de poubelles débordantes de pains à Luxembourg. Le gaspillage alimentaire est le fait de jeter ou de supprimer des aliments encore comestibles. Mais qui adopterait de telles pratiques alors que près d’un milliards d’êtres humains souffrent chaque jour de la faim ?

Et pourtant, au Luxembourg chaque habitant jette en moyenne 115kg de nourriture par an ! Le poids le plus élevé des pays en développement à en croire l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ce gaspillage alimentaire survient tout au long de la chaine alimentaire : des champs à nos poubelles, en passant en passant par les usines de l’industrie alimentaires et la grande distribution. En Europe et aux Etats Unis, ce gâchis se produit toutefois majoritairement au niveau de la consommation. D’après une étude de la Commission européenne, les foyers seraient à l’origine de 42 % des déchets alimentaires européens, suivis de près par l’industrie agroalimentaire (39 %). Problème de riches me diriez-vous, caractérisé par l’abondance alimentaire, le rejet des produits un peu moins appétissants à nos yeux, des normes sanitaires parfois excessives « obligeant » les restos et magasins à jeter leurs invendus mais surtout un manque cruel d’information. Ce phénomène est d’autant plus dramatique que sans gaspillage, tout le monde pourrait manger à sa faim.

La clef du changement des comportements en matière de gaspillage alimentaire réside donc dans une évolution des mentalités, en particulier des consommateurs ! Mais la lutte anti-gaspillage commence petit à petit à s’organiser à tous les niveaux. L’adoption récente en France d’une loi anti-gaspillage alimentaire ou encore l’inauguration en février dernier au Danemark d’un magasin de produits alimentaires « périmés » ne sont que deux exemples pour démontrer la croissante prise de conscience des européens de pallier à ce fléau.

Au Luxembourg, de plus en plus de communes mettent à la disposition des citoyens des poubelles prévues pour le recyclage des déchets organiques qui, une fois récoltés sont valorisés énergétiquement. Des associations récupèrent les denrées alimentaires invendues des supermarchés pour les redistribuer aux personnes à revenus modestes. C’est le cas de l’asbl Den Cent Buttek qui se charge de collecter les surplus alimentaires des grandes surfaces, commerçants et artisans pour les trier et les distribuer à des familles nécessiteuses…

Le monde peut produire assez d’aliments pour nourrir les 6 milliards d’habitants de la planète. Cependant, nombreux sont ceux qui n’ont pas accès à suffisamment de nourriture pour vivre décemment. La faim dans le monde est donc une réalité, mais pas une fatalité ! Mettre fin au gaspillage colossal des ressources sera déjà une bonne solution du problème. L’enjeu réside donc dans l’équilibre, le partage et le non gaspillage des ressources tout autant que de leur volume. Ainsi, gaspiller, surtout de la nourriture, n’est ni écologique, ni inacceptable d’un point de vue éthique. Alors ne perdez pas une miette : achetez mieux, conservez mieux, cuisinez les restes, compostez vos déchets ! Vous pouvez agir à votre échelle pour faire face à ce gaspillage alimentaire mondial. Pour plus d’informations consultez notre site Internet changeonsdemenu.lu et suivez-nous sur Facebook pour un tas de trucs et astuces pour gaspiller moins et ainsi agir à votre niveau à la lutte contre la faim dans le monde.

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org

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Es ist und bleibt ein Skandal: Noch immer sterben jeden Tag 25 000 Menschen, vor allem Kinder, an Hunger und Unterernährung. Und von sieben Milliarden Menschen hat eine Milliarde nicht genug zu essen. Können wir gleichgültig bleiben angesichts dieser tagtäglichen, flagranten Verletzung der fundamentalen Menschenrechte all dieser Personen, des Rechts auf Leben und des Rechts auf Ernährung?

Doch das Welternährungssystem hat noch andere Schwächen: Zwei Milliarden leiden an Mikronährstoffmangel – sie haben zu wenig Vitamine, Jod und Eisen – und 1,4 Milliarden an Übergewicht und Fettleibigkeit.

Muss also auf unserem Planeten die Getreideproduktion erhöht werden, wie viele behaupten, auch von Seiten der Konzerne und der Agrarindustrie? Umso mehr die Weltbevölkerung ja noch dauernd zunimmt? Nein, denn nur 40 Prozent der Getreideproduktion wird für menschliche Ernährung benutzt. Der größere Teil wird verwendet für Viehfutter–meist als Soja und Sojaschrott aus den USA und Lateinamerika – oder für Treibstoff für unsere Autos.

Dieser Soja wird unter nicht nachhaltigen Bedingungen produziert: Umfällen von riesigen Flächen von Tropenwäldern, Umstellung von Pampawiesen, Anbau von Monokulturen verbunden mit enormen Treibhausgasemissionen, verstärkt noch durch massiven Pestizideinsatz. Hinzu kommt ein hoher Gebrauch von GMO-Saatgut. Es ist also unbedingt notwendig, unseren hohen Fleischkonsum zu überdenken.

Erstes Fazit : Hunger ist also nicht so sehr ein Problem der Produktion von Lebensmitteln, sondern der Verteilung und der Kaufkraft.

Wer leidet am meisten an Hunger und Unterernährung? Sind es diejenigen, die in den Elendsviertel und Slums der Großstädte leben? Ja, aber das ist nur eine Minderheit. Drei Viertel der Hungernden sind bei der Landbevölkerung anzutreffen, hauptsächlich bei Kleinbauern, sowie bei Land- und Waldarbeitern, Landlosen und kleinen Fischern.

Trotz schneller Urbanisierung, ist die Landbevölkerung noch immer in den meisten Entwicklungsländern sehr groß, vor allem in Südsahara Afrika aber auch in Ländern wie Indien oder China.

Diese Kleinbauern wirtschaften in denkbar einfachen Verhältnissen. Ihre Betriebe sind nur ein oder zwei Hektar groß. Die Mehrheit verfügt lediglich über eine Hacke und ein Messer. Und es sind die Frauen, die den größten Teil der Feldarbeit verrichten.

Die Ursachen sind vielfältig. Wie in Indien haben viele keinen Zugang zu Land und müssen ihr Leben als Landarbeiter für Hungerlöhne im Dienst von Großgrundbesitzer verdienen. Eine Lösung kann nur über eine Landreform erfolgen, wie das in China, Südkorea oder Taiwan der Fall war. Und die Flächen, über die Kleinbauern verfügen, werden dauernd verkleinert durch Landgrabbing und Bodenspekulation durch Großbanken, Investmentfonds und transnationale Unternehmen.

Die Regierungen in den Entwicklungsländern müssten der Landwirtschaft in ihren Entwicklungsbemühungen eine viel höhere Bedeutung zukommen lassen. Zu oft haben die Stadteliten die Landbevölkerung einfach ignoriert, wenn sie ihnen nicht noch Steuern abverlangt haben.

Aber auch die Regierungen der reichen Länder haben in ihrer Entwicklungspolitik die Landwirtschaft im Süden vernachlässigt. Der Anteil der Entwicklungshilfe für Landwirtschaft ging von 20 auf 4 Prozent zwischen 1980 und 2004 zurück. Trotz der Welternährungskrise in 2008 werden heute immer nur knappe 5 Prozent zu diesem Zweck ausgegeben. Dieser Anteil ist unbedingt zu erhöhen.

Eine doppelzüngige Freihandelspolitik

Während Jahrzehnten haben die Europäer wie auch die Amerikaner die Entwicklungsländer, besonders diejenigen aus Afrika, dazu gebracht, ihre Märkte zu öffnen. Diese Freihandelspolitik hat die Einkommen der Regierungen durch das Herabsetzen der Zölle vermindert und sie genötigt, ihre Erziehungs- Gesundheits- und Entwicklungsprogramme zu drosseln. Diese Marktöffnung erlaubte uns Europäer, unsere Agrar- und Nahrungsmittelprodukte dort immer stärker zu Dumpingpreisen auf die Märkte zu bringen und somit die Kleinbauern ins Abseits zu drängen und mit ihren Familien in den Ruin zu treiben. Wir haben zu gleicher Zeit unsere europäischen Märkte für Milch- und Fleischprodukte, für Getreide und Zucker mit hohen Zöllen weiter geschützt.

Diese  doppelzüngige Politik wird jetzt noch dadurch verschärft, dass die EU Afrika neue Freihandelsabkommen abgerungen hat, die sogenannten wirtschaftlichen Partnerschaftsabkommen. Ein Bericht, die CONCORD, die Plattform der europäischen NGO’s, ausgearbeitet hat, stellt klar, dass diese Abkommen in keiner Weise zur Entwicklung beitragen werden, nur unseren Nahrungsmittelkonzernen helfen und sich vollkommen im Gegensatz zur Kohärenz der Politik befinden (Artikel 208 des Lissaboner Vertrages). Er rät davon ab, diese Verträge zu ratifizieren.

Ist es verwunderlich, dass sich immer mehr Afrikaner in ihrer Armutslage und Perspektivlosigkeit auf den Weg nach Europa über den Weg nach Lampedusa machen? Viele werden dabei ausgebeutet und verlieren ihr Leben.

Was tun?

Unser „Cercle des ONG“ fordert, dass sich unsere Regierung auch mit diesen Migrationsursachen auseinandersetzt und sich auf der Suche nach Lösungen zu folgendem engagiert:

  • Die Produktionskapazitäten in allen wirtschaftlichen Sektoren in Afrika begünstigen, vor allem in der Landwirtschaft und in der Industrie, so dass eine Vielzahl von Arbeitsplätzen enstehen und dezente Einkommen für die Bevölkerung sowie gerechte Preise für die Produzenten ermöglicht werden.
  •  Die europäische Zusammenarbeits-, Handels- und Landwirtschaftspolitik neu definieren, die den enormen Unterschieden in Entwicklung und Produktivität mit den Entwicklungsländern Rechnung trägt und die ihre Handelsbeziehungen auf das Prinzip der Nicht-Gegenseitigkeit und eine angemessene Regulierung der Märkte basiert. Kleinproduzenten müssen so geschützt werden können.
  • Die Ratifizierung der wirtschaftlichen Partnerschaftsabkommen zurückstellt und eine Studie dieser Abkommen durchführen lässt, die die Auswirkungen dieser Verträge für Entwicklung und Menschenrechte prüft in Zusammenarbeit mit allen Betroffenen.

Auf dem Gipfel der Staats- und Regierungschefs, der vor einigen Wochen in New York über die Bühne ging, wurde eine neue Agenda der nachhaltigen Entwicklungsziele vereinbart.

Ziel zwei gibt sich mit dem Problem der Armut und des Hungers ab. Recht sinnvoll ist, wenn hierbei auf die Notwendigkeit einer nachhaltigen Landwirtschaft gepocht wird. Dass bis 2030, die landwirtschaftliche Produktivität und das Einkommen der Kleinproduzenten verdoppelt werden soll, besonders für Frauen, indigene Völker, bäuerliche Familien, Viehhirten und Fischer. Und das über einen sicheren und gerechten Zugang zu Land und zu anderen produktiven Ressourcen, zu Wissen, finanziellen Dienstleistungen und zu Möglichkeiten in der Wertschöpfung.

Verstärkte Investitionen, auch durch größere internationale Zusammenarbeit, in Infrastruktur, landwirtschaftliche Forschung und dem Aufbau von Saatgutbanken werden als Unterziele aufgeführt. Ebenso Maßnahmen, die die Bauern vor der Belastung von Umweltschäden und des Klimawandels schützen sollen. Die Rolle der Landwirtschaft in dem Erhalten der Diversität von Saatgut und Haustieren wird hervorgehoben.

Das zweite der siebzehn Ziele will die Armut und den Hunger bis 2030 beendigen. Ein lobenswertes Ziel, das sich aber bei der heutigen Freihandelslogik als völlig unrealistisch erweist. Denn die Agenda besteht weiter auf einem „offenen“ Markt, d.h. es bleibt bei der Logik des weltweiten Freihandels. Dies wird die Kleinbauern der Konkurrenz gegen Konzerne und Dumpingimporte weiter ausliefern und zu einer fortlaufenden Verarmung verurteilen.

Jean Feyder,

Autor von Mordshunger

Achevant son mandat de six ans au poste de rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, le juriste belge Olivier De Schutter en dresse un bilan nuancé, affirmant que, si le consensus est atteint sur le diagnostic (l’obsolescence du modèle agro-industriel), les défis alimentaires actuels exigent des solutions que les États ne parviennent pas à mettre en place. L’espoir ? Il est du côté des citoyens.

Constatant la montée en force des préoccupations relatives à la nutrition au cours des dernières années, Olivier De Schutter se dit satisfait de la prise de conscience qui émerge à l’échelle globale de la planète : « L’accueil qu’a reçu mon rapport final, montre un consensus qui aurait été inimaginable il y a six ans. En premier lieu sur le fait qu’il faut aider chaque pays à se nourrir lui-même et que la question de l’alimentation ne pourra pas être résolue par la concentration de la production dans les régions les plus efficientes, l’aide alimentaire et le commerce international. C’est un premier changement de paradigme. » Selon lui, un autre changement majeur est intervenu : « la prise de conscience que notre modèle agricole, fondé sur des intrants intensifs (engrais et pesticides) et dépendant de l’industrialisation toujours plus poussée de l’agriculture, est à bout de souffle. Il faut donc changer de cap et aller vers l’agro-écologie. »
Toutefois, derrière ces progrès certains, de nombreux « verrous » freinent les transformations nécessaires : « la modernisation de l’agriculture mondiale s’est fait uniquement selon un modèle productiviste, (…) de grands acteurs dominent le marché, aussi bien au niveau des producteurs d’intrants que des industries de transformation, (…) les gouvernements sont sensibles aux intérêts de leurs grandes entreprises agro-alimentaires, qui se trouvent de fait disposer d’un droit de veto sur les transformations d’ensemble. »
Or, insiste-t-il, l’intérêt général et les intérêts à longs termes des populations rurales ne sont pas pris en compte par les gouvernements qui s’engagent davantage en matière de cession de terres agricoles et de développement d’infrastructures, qu’en faveur du soutien à l’agriculture familiale dont les bénéfices en matière de réduction de la pauvreté rurale, de gestion raisonnée des écosystèmes ou de diversité des productions agricoles et des systèmes alimentaires, sont pourtant prouvés : « L’idée que l’on ne peut aider les populations pauvres qu’en leur garantissant l’accès aux denrées alimentaires à un prix abordable relève du passé, car elle revient à limiter les revenus des petits agriculteurs et à maintenir une approche « low cost » de l’agriculture. Il faut aujourd’hui que les plus pauvres soient aidés par des politiques publiques redistributives qui leur garantissent le droit à une protection sociale. »

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Face aux limites des Etats qui, notamment « se sont trompés dans leur appréciation sur les agro-carburants », O. De Schutter en appelle à la société civile : « Je pense que la transformation des systèmes alimentaires s’opérera à partir d’initiatives locales. Il appartient à chacun d’entre nous de tirer les conséquences de ce que nous savons sur l’impact du gaspillage alimentaire, de la consommation de viande et d’agrocarburants. Je suis relativement optimiste, car je sens une impatience de plus en plus vive face à la lenteur des gouvernements. Si les citoyens ne prennent pas eux-mêmes les choses en main, on risque de devoir attendre une crise majeure qui nous contraindra à des changements de comportement de manière beaucoup plus drastique. »
Pour autant, cette interpellation ne dédouane pas les Etats eux-mêmes : « Le changement doit venir des pays industrialisés, car, à travers nos modes de consommation, nous sommes responsables de cette pression sur les ressources qui introduit une concurrence entre populations riches du Nord et pauvres du Sud. L’Union européenne utilise ainsi 20 millions d’hectares de terre dans les pays du Sud, notamment au Brésil et en Argentine, pour produire le soja consommé par ses élevages industriels. »
Au final, il lance une ultime interpellation aux gouvernements, en vue d’une démocratisation des systèmes alimentaires : « ils doivent admettre qu’ils ne détiennent pas toutes les solutions et qu’il faut accorder une grande place aux citoyens dans la prise de décision. Je crois aujourd’hui davantage à une transition imposée par des initiatives venues d’en bas que par des réglementations imposées d’en haut. »

Au Luxembourg, Meng Landwirtschaft est l’une des initiatives issues de la société civile qui fait écho aux espoirs d’O. De Schutter…

Marine Lefebvre

115 kg par personne et par an, c’est le volume d’aliments et restes alimentaires jeté en moyenne par un habitant du Luxembourg.  Ces chiffres, publiés fin 2013 par l’Administration de l’environnement, sont passés inaperçus alors qu’ils sont parmi les plus élevés d’Europe et qu’ils ne sont pas sans conséquence sur les pays en développement.

Les chiffres défient notre imagination : pendant que les consommateurs européens et nord-américains gaspillent de 95-115 kg/an et par personne, 900 millions de personnes souffrent de faim chronique, dont 98,2 % vivent dans les pays en développement.

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Pourtant,  la planète produit assez d’aliments pour nourrir les 6 milliards de Terriens, mais la mauvaise répartition de la production et le gaspillage de ressources épuisables (eau, terre, pétrole, etc…) pour la production de nourriture non consommée contribue à la persistance de la faim dans le monde. Or, des champs à l’assiette, les pratiques actuelles de production industrielle et de consommation de masse occasionnent une perte de 50 % de toute la nourriture produite.

Ces pertes de nourriture signifient également des pertes de ressources : il faut 1000 litres d’eau pour produire un kilo de farine et 16 000 litres pour  un kilo de viande rouge, tandis qu’un repas représente l’émission de 3kg de gaz à effet de serre. Dans le contexte de réchauffement climatique et de raréfaction des ressources naturelles, ce gaspillage mérite d’être pris en considération, d’où la résolution adoptée en 2012 par le Parlement européen demandant des mesures urgentes pour réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025. L’année 2014 a ainsi été déclarée année européenne de la lutte contre le gaspillage alimentaire… Pourtant, les mesures concrètes restent invisibles et c’est à chacun qu’il revient d’analyser son mode d’achat et de consommation pour tâcher de les optimiser, ne serait-ce que dans un souci d’économie : « Gaspiller de la nourriture, c’est aussi indéniablement gaspiller de l’argent. Et mises bout à bout, les économies que l’on peut faire en faisant un petit effort pour moins jeter deviennent considérables ! », nous explique une brochure de sensibilisation française.

(suite…)

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