changements climatiques


Pourquoi les légumineuses, aliments aux multiples vertus nutritives, ne nécessitant pas d’intrants chimiques, et jouant un rôle de fertilisants naturels des sols, ont-elles disparu de nos menus, alors que nous en consommions 7kg par an et par habitant en France avant la guerre?

Le système agro-alimentaire qui s’est développé depuis le milieu du XX.s. est une fois de plus à pointer du doigt : il a orienté les consommateurs vers un nouveau régime alimentaire constitué d’aliments transformés, très rentables pour les industriels, très couteux en termes de production de gaz à effet de serre, et très dégradés quant aux qualités nutritives.
En éliminant les protéines végétales au profit des protéines animales, signe de richesse et d’intégration à la société de consommation, les Européens mangent finalement indirectement plus de 60kg de soja par an et par habitant: la viande et des produits laitiers dont ils raffolent sont produits à partir d’animaux nourris à base de soja  provenant pour les trois quart au minimum d’outre-Atlantique, causant des dégâts environnementaux majeurs liés à la déforestation et à l’emploi de produits chimiques sur les cultures de soja, majoritairement OGM. A travers leur consommation de viande produite à bas coût, les consommateurs ignorent qu’ils sont devenus les complices d’un  écocide dans les pays en développement : c’est ce qu’a mis en lumière le Tribunal Monsanto au printemps 2017, au terme d’une et de témoignages qui ont prouvé des taux de décès élevés chez les populations rurales exposées notamment aux épandages de pesticides sur les cultures OGM.

Le système agro-alimentaire, fardeau pour la planète et pour les populations les plus vulnérables

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Quel bilan tirer de l’accord de Paris, le premier accord universel sur le climat, obtenu lors de la conférence mondiale sur le climat (COP21) de décembre et qui a fêté, hier, ses quatre mois d’existence ?


Un succès pour certains, un désastre pour d’autres. On doit bien l’admettre, l’accord signé à Paris est largement insuffisant, mais il a l’immense mérite de relancer la lutte contre les changements climatiques à l’échelle de la planète. L’accord est donc positif mais tardif car le temps presse si l’on veut limiter les effets du changement climatique.

L’élément marquant du texte est la revue à la hausse de l’objectif international pour faire face au réchauffement climatique : « Maintenir la hausse de température bien en deçà de 2°C et poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C  ». Cet objectif ambitieux, ainsi que les lignes directrices et principes pour y arriver, furent applaudis par l’ensemble de la communauté internationale lors de son adoption. Mais cet objectif est-il réalisable ? L’accord n’est que très faiblement contraignant et ne propose pas d’aller plus loin que les contributions nationales actuelles en matière de réduction des émissions… Ce qui nous laisse dans une trajectoire de 3°C supplémentaire d’ici la fin du siècle. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) estime qu’au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, la communauté internationale dispose de 20 ans seulement pour ramener ses émissions de carbone à zéro si elle veut limiter la hausse à 2°C.

Malgré l’urgence, les étapes à franchir sont encore très nombreuses avant que l’accord ne soit réellement ratifié puis mis en œuvre. En effet, il n’entrera en vigueur qu’en 2020, à condition que 55 pays, représentants 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le ratifient. La première étape du processus de ratification débutera le 22 avril à New York avec l’ouverture du registre de signatures de l’accord pour une durée de un an. Nous avons donc le temps alors que celui-ci presse… En effet, nous n’avons pas encore atteint les +1°C que déjà se multiplient les épisodes climatiques dramatiques tout autour de la planète. Et le pire reste à venir…

Une menace pour la sécurité alimentaire !

Selon une étude du « programme de recherche du CGIAR* sur le changement climatique,  l’agriculture et la sécurité alimentaire », si des actions d’atténuation des effets du changement climatique ne sont pas menées, la production de certaines cultures vivrières sera impossible dans certains endroits d’Afrique subsaharienne. Selon cette étude, celle-ci pourrait perdre jusqu’à 30% de ses zones de production de maïs et de bananes et jusqu’à 60% de celle des haricots… Le changement climatique est donc une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes dont les moyens  de  subsistance  proviennent  des  petites  exploitations agricoles.

 

 A SOS Faim, nous pensons que, face à cette situation, il est indispensable de renforcer dès à présent les capacités des petits agriculteurs qui voient dans leur récolte leur seul moyen de subsistance.  Pour Facilitators for Change (FC), une ONG éthiopienne partenaire de SOS Faim depuis 2003, l’insécurité alimentaire est directement liée à la fréquence et l’intensité de catastrophes naturelles. Malheureusement, ces dernières augmentent de manière spectaculaire en partie à cause du changement climatique, laissant les petits agriculteurs avec une capacité de production insuffisante pour assurer l’approvisionnement en aliments de base pour l’année. Cette tendance représente une menace pour les enfants, les femmes, les jeunes et les petites exploitations agricoles. FC a donc développé une politique de gestion du risque, Disaster Risk Reduction (DRR), qui vise à renforcer la capacité de résistance des communautés vulnérables contre les catastrophes et ainsi assurer le développement durable de la région.

Le projet de production et de commercialisation de foyers améliorés par un groupement de 9 « Self-Help Group » (SHG), composés de femmes en situation très vulnérable, s’inscrit aussi dans cette dynamique. Dans la région Amhara, FC a dispensé à pas moins de 200 femmes des formations tant sur les aspects techniques qu’organisationnels. Aujourd’hui, ces femmes possèdent un atelier de production de foyers de cuisson améliorés qui leur assure des revenus. En outre, ces foyers permettent également de faire des économies de bois et d’améliorer l’évacuation de fumées, ce qui est bénéfique pour la santé et l’environnement.

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Formation à la production de foyers améliorés en Ethiopie

 

Cet exemple illustre bien la mission de SOS Faim. A travers nos partenaires, notre objectif vise à fournir aux populations rurales une aide technique, organisationnelle et financière afin qu’elles améliorent elles-mêmes leur situation alimentaire, économique et sociale de façon durable pour qu’au final, elles soient moins vulnérables et plus autonomes face aux crises climatiques.

L’Accord de Paris ne sauvera pas la planète, il sera ce que nos décideurs politiques en feront ! Pouvons-nous prendre le risque d’attendre que le changement climatique mette en péril la sécurité alimentaire de centaines de millions de personnes qui dépendent de l’agriculture comme moyens de subsistance ? A SOS Faim, nous pensons qu’il est temps d’agir dès à présent pour renforcer les capacités d’adaptation des petits paysans du sud.

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org

* Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale

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La sécurité alimentaire de 10,2 millions d’Ethiopiens est compromise par les mauvaises récoltes, les pertes de bétail et le manque d’eau !


ethiopieEn 2015, l’Ethiopie a été touchée par une combinaison d’aléas climatiques déstabilisant fortement la sécurité alimentaire et la nutrition de la population. Les pluies du printemps, connues sous le nom de « Belg », ont été tardives, insuffisantes, irrégulières et suivies de périodes de sécheresses inhabituellement longues. L’arrivée d’un des plus violents épisodes du phénomène météorologique El Niño a eu un impact sur les pluies de l’été, primordiales pour les récoltes agricoles du pays et les réserves d’eau potable. Ce déficit pluviométrique a plongé le pays dans « la pire sécheresse depuis 30 ans », comme l’a souligné le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, au Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

L’Ethiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique. La majeure partie de la population vit en milieu rural et dépend de l’agriculture comme moyen de subsistance. Avec une économie qui repose essentiellement sur l’agriculture, principale source d’alimentation, l’Ethiopie voit la sécheresse augmenter considérablement le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire.

Les besoins en aide humanitaire d’urgence ont désormais triplé par rapport à début 2015 portant à 10,2 millions le nombre d’Ethiopiens en attente d’une aide alimentaire nécessaire à leur survie. L’ONU a récemment lancé un appel à la solidarité internationale pour mobiliser les 1,3 milliards d’euros nécessaires pour faire face à la menace de famine, car « l’urgence est d’une trop grande ampleur pour un seul gouvernement ». Le gouvernement Ethiopien a déjà pu mobiliser 381 millions de dollars, soit moins de la moitié de la somme nécessaire.  Selon l’ONU, les besoins en aide alimentaire pourraient doubler en quelques mois, les prévisions laissent donc à craindre le pire… Le gouvernement éthiopien et le Programme Alimentaire Mondial (PAM)  appellent donc à la solidarité internationale pour éviter une situation extrême.

Pour faire face à cette sécheresse, près de 80 000 Ethiopiens se sont réfugiés au Yémen en 2015 tandis que d’autres restent dépendants de l’aide humanitaire. Cet épisode fait ressurgir les spectres des terribles famines des années 1980 qui avaient fait des millions de morts. Certes, le phénomène El Nino va régresser au cours de l’année 2016, mais son passage a décimé les moyens de production nécessaires (semences, cheptel, etc.) aux agriculteurs et aux éleveurs pour entamer la nouvelle saison. La mise à mal de la capacité productive de l’agriculture familiale et du pastoralisme risque d’impacter davantage la sécurité alimentaire et l’économie du pays au cours des années à venir.

L’Ethiopie a connu un développement impressionnant au cours de la dernière décennie avec notamment une croissance économique sans précédent et un recul de la pauvreté (même si 30% de la population vit toujours en dessous du seuil de pauvreté). Ces efforts sont, entre autres, le fruit de bonnes récoltes successives et de l’investissement du gouvernement dans le secteur agricole. Toutefois, les derniers épisodes démontrent la fragilité de ces progrès car le pays reste hautement vulnérable aux chocs, particulièrement aux phénomènes climatiques comme la sécheresse. Il est dès lors important de renforcer les capacités des agriculteurs et des éleveurs éthiopiens afin d’éviter qu’une telle situation se reproduise à l’avenir.

En tant qu’ONG de développement, SOS Faim soutient l’agriculture familiale en Éthiopie afin de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire en milieu rural. A travers nos partenaires, notre objectif vise à fournir aux populations rurales une aide technique, organisationnelle et financière afin qu’ils améliorent eux-mêmes leur situation alimentaire, économique et sociale de façon durable et, au final, qu’ils soient moins vulnérables et plus autonomes face aux crises climatiques.

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org

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 Article publié dans la rubrique « Paroles du Sud« , « Le Quotidien » 09 mars 2016

A l’approche de la Conférence mondiale sur le climat (COP21), les décideurs doivent enfin accorder à l’agriculture et à la sécurité alimentaire la place qui devrait être la leur dans la lutte contre le changement climatique. Depuis le lancement de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) de 1992, le triple rôle de l’agriculture, tout à la fois un acteur, une victime et une solution au changement climatique, n’a pas été pris en compte.

L’agriculture est une des principales causes du changement climatique : l’ensemble du système agro-alimentaire est en effet à l’origine d’un tiers des émissions anthropiques actuelles de gaz à effet de serre (GES), conséquences de nos modes de production et de consommation. En retour, les aléas du changement climatique (sécheresse, inondation, évènement climatique extrême, etc.) impactent lourdement le secteur agricole. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) prévoit une baisse de 10% des rendements agricoles d’ici 2050 en Afrique sub-saharienne. Dans ces régions, la majeure partie de la population dépend de l’agriculture. Le changement climatique est une réelle menace pour la sécurité alimentaire. Ces paysans subissent d’ores et déjà les aléas climatiques avec, au Sahel en particulier, des saisons de pluies de plus en plus irrégulières, occasionnant des perturbations sur le calendrier et la productivité des récoltes.

Face au changement climatique, le modèle agricole dominant est confronté à un double dilemme : alléger son empreinte sur l’environnement et garantir la sécurité alimentaire d’une population mondiale croissante. Il est donc nécessaire d’enclencher un changement radical du modèle agro-productiviste en faveur d’un modèle agricole durable, diversifié, performant, juste, écologique et à taille humaine.

Pour répondre aux enjeux agricoles et climatiques, l’organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé en 2014 l’approche Climate-Smart Agriculture (CSA). Soutenu par des instances internationales, des grands pays exportateurs agricoles et de nombreuses entreprises privées, le concept CSA englobe de nombreuses pratiques agricoles contradictoires : OGM, engrais de synthèse, pesticides ou encore les pratiques agroécologiques. Ce concept nébuleux inquiète une grande partie de la société civile qui s’interroge sur l’accaparement de ce concept pour servir les intérêts de l’agrobusiness sans remettre en cause le modèle agricole conventionnelle et ses effets néfastes sur le climat et l’environnement et donc sur l’agriculture… L’agroécologie utilisée comme alibis par ce concept « fourre-tout » apparait comme une réelle alternative au modèle agroindustrielle.

L’agriculture familiale et les pratiques agroécologiques : modèle agricole durable

L’agroécologie est une pratique agricole basée sur des techniques et des savoirs traditionnels adaptés à l’agriculture familiale paysanne. Ce modèle agricole durable et à petite échelle permet d’accroitre l’autonomie et la résilience des exploitations agricoles qui, de facto, ne dépendent plus des intrants chimiques et peuvent  diversifier  leur production en fonction du marché local, comme du contexte économique, météorologique, etc.

De nombreuses études ont démontré l’efficacité des méthodes agroécologiques en termes de rendements agricoles. L‘étude IAASTD, commanditée par les principaux organismes impliqués dans le développement (FAO, PNUE, Banque mondiale, etc.) et qui a impliqué des centaines d’experts internationaux, a démontré que certains systèmes agricoles traditionnels et les pratiques agroécologiques sont tout aussi productifs, voire davantage, que l’agriculture conventionnelle. Malgré ses conséquences désastreuses sur l’environnement et le climat, l’agriculture productiviste continue toutefois d’imposer  sa domination qui sert les intérêts de l’industrie agroalimentaire. En effet, les transnationales de l’agrobusiness, omniprésentes au sein du système alimentaire mondial, orientent les politiques agricoles  à leur avantage en maintenant un système de production intensif et énergivore, indispensable à leurs profits.

Une volonté politique forte est donc nécessaire pour changer l’ensemble du système agricole en dépit des pressions des industries agroalimentaires. Face à la menace qui touche la sécurité alimentaire mondiale, la COP21 ne pourra pas ignorer la question de l’agriculture, et aura tout intérêt à la traiter comme étant une partie de la solution pour lutter contre le réchauffement climatique.

La solution se trouve aussi dans notre assiette…

L’alimentation est donc un levier d’action pertinent pour réduire les émissions de GES via une transformation profonde de l’ensemble des filières : production, distribution, conservation, transformation, consommation. En tant que consommateur, nous avons donc un rôle essentiel à jouer pour encourager la transition  vers des systèmes alimentaires durables.

« Les consommateurs doivent comprendre qu’ils participent au sauvetage de l’humanité en achetant des produits durables, c’est à dire des produits issus d’une agriculture certifiée, qui ne causent aucun dommage » déclare Hans Herren, du mouvement Regeneration International.

Afin d’inciter les responsables politiques à prendre leurs responsabilités, nous, citoyens, pouvons d’ores et déjà agir à notre niveau : « Changeons de Menu ! » (campagne de SOS Faim).

La veille de l’ouverture du sommet, des citoyens de tous les pays descendront dans les rues et demanderont aux responsables de tous les gouvernements de s’engager en faveur d’un accord ambitieux à la hauteur des enjeux. Afin de contribuer à cette marche mondiale pour le climat, Votum Klima organise la « Luxembourg Climate Marche »  le lundi 30 novembre. En tant que membre de la plateforme Votum Klima, SOS Faim soutient cette action et invite ses membres à y participer.

Ensemble nous pouvons amener le monde à un accord pour lutter contre le changement climatique. Ensemble écrivons l’histoire, ne la subissons pas, participons à la Luxembourg Climate March le lundi 30 novembre à 18h Place Clairefontaine.

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org

 

Juillet 2014
Nous appartenons à des organisations de la société civile et à des mouvements sociaux du monde entier qui travaillent sur l’alimentation, l’agriculture et les problèmes posés par le changement climatique. Nous soutenons les petits agriculteurs qui représentent 90% des agriculteurs dans le monde et produisent 70% de la nourriture mondiale sur moins du quart des terres agricoles.
Nous sommes bien conscients que le changement climatique affecte déjà les productions agricoles et alimentaires de toutes les régions du monde. Les agriculteurs rencontrent de multiples difficultés :
températures extrêmes (chaudes et froides), périodes de sécheresses et d’inondations, calendrier des précipitations imprévisible, salinisation des sols, perte de terres due à la hausse du niveau des mers, nouveaux ravageurs et nouvelles maladies. La menace pesant sur l’agriculture et l’alimentation du fait du changement climatique est l’une des plus grandes préoccupations de l’humanité.
Nous reconnaissons aussi que certains types d’agriculture – principalement l’agriculture industrielle à grande échelle – ont un impact négatif sur les moyens de subsistance, les droits fonciers, les écosystèmes, la diversité des cultures et la résilience des systèmes agricoles du monde. Ils sont en outre largement responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique.
Nous reconnaissons le besoin d’agir pour permettre aux systèmes agricoles et alimentaires de s’adapter au changement climatique. Et nous croyons que pour réduire la contribution de l’agriculture au problème, nous devons trouver des moyens de supprimer progressivement les approches industrielles nuisibles et de privilégier les méthodes agroécologiques1, meilleures pour les petits agriculteurs et la planète. Nous savons que la production alimentaire est déterminante pour la sécurité alimentaire. Mais elle ne peut s’obtenir aux dépens des droits des agriculteurs ou de la qualité des sols, de l’eau et des écosystèmes dont dépend l’agriculture.

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La nouvelle Alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat prétend être la plateforme de réflexion, d’échange et d’action indispensables qui permettraient à l’agriculture de faire face aux impacts du changement climatique et de réduire sa contribution au phénomène. Cette Alliance espère influencer le développement et l’adoption de nouvelles politiques par les pays et vise un lancement de grande envergure au Sommet sur le climat du Secrétaire Général de l’ONU à New-York en septembre. Les gouvernements, les entreprises, les organisations de la société civile et les institutions académiques sont invités à participer.

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Dans la région du Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo où plus de 64% de la population vit de l’agriculture, l’enchainement depuis 20 ans de conflits armés, a précarisé la vie et rendu difficile la pratique de l’agriculture, au point de menacer également la sécurité alimentaire. L’omniprésence de la violence met d’autant plus en valeur le courage des communautés qui s’efforcent de s’inscrire dans un processus de développement local pour sortir de la dépendance à l’aide d’urgence.

Si la situation sécuritaire s’est quelque peu améliorée depuis que la force spéciale de la MONUSCO a commencé en juillet 2013 à soutenir l’armée nationale dans la traque des rebelles du M23 et des autres milices, l’apaisement reste toutefois relatif et on dénombre 1 500 à 2 000 rebelles qui continuent de hanter les terres frontalières avec le Rwanda.

Charles Cikomola rencontre un groupement de femmes du Kivu

Malgré cet environnement particulièrement périlleux, Charles Cikomola, le fondateur et coordinateur d’ « Amis du Kivu », n’a jamais laché prise ni perdu espoir. Après avoir travaillé dans les camps de réfugiés de sa région natale, il s’est engagé dès 2004 dans une approche de développement en aidant les populations rurales à revenir vers leur village et à y reprendre leurs activités agricoles et pastorales. A travers l’ONG qu’il a fondée, il s’efforce de contribuer à l’amélioration des productions vivrières du Kivu en vue d’atteindre la sécurité alimentaire : fourniture d’intrants, d’outils et de têtes de bétail ont été des éléments clés de son action dans un contexte chaotique, où l’agriculture demeure familiale, extensive et peu productive.

Dans les zones de plaine, les paysans parviennent à produire non seulement pour répondre aux besoins alimentaires de leur famille, mais aussi pour vendre leurs surplus sur les marchés locaux. La situation reste plus délicate pour les villages enclavés des montagnes où les bénéficiaires d’Amis du Kivu ne relâchent pas pour autant leurs efforts.

« Après l’accès aux intrants et l’accès au marché pour l’écoulement de la production, la densité de population et le manque d’espace pour cultiver constituent l’un des principaux problèmes à surmonter du point de vue du développement agricole », selon Charles Cikomola. Si, pour certains, la solution serait de défricher de nouvelles terres, aux dépens de la préservation des ressources forestières, « Amis du Kivu » s’efforce plutôt d’encourager une meilleure valorisation et rentabilisation des espaces déjà cultivés tout en restaurant les sols dégradés. Ce défi reste entier mais l’équipe d’ingénieurs agronomes et d’animateurs s’y attèlent en faisant la promotion de techniques issues de l’agroécologie, telle que la préparation de fumure organique, le compostage et la lutte contre l’érosion des terres… Des sites à reboiser ont ainsi été identifiés et les espèces d’arbres et d’arbustes ont été sélectionnées. Un pépiniériste a été engagé dans chaque site pour préparer les jeunes plants avant que l’ONG ne sollicite bientôt la population pour le repiquage et la plantation.

Au fil des années, et malgré un contexte politique et sécuritaire instable, l’action d’Amis du Kivu a évolué : le soutien direct aux producteurs individuels a progressivement laissé la place a davantage d’appuis aux Organisations Paysannes de base. Cet effort de structuration des producteurs a été amorcé en 2007 avec la création de la FOPAC SK (Fédération d’organisations de producteurs agricoles du Congo au Sud Kivu) qui rassemble aujourd’hui 70 000 agriculteurs. Visant à représenter les intérêts des paysans au niveau national et provincial et à faciliter la formation de ses membres, ce réseau leur a d’ores et déjà apporté une certaine reconnaissance, mais c’est processus de longue haleine avant qu’ils n’assimilent pleinement les enjeux de leur adhésion à une organisation paysanne: la Responsable des partenariats au Kivu pour SOS Faim qui accompagne l’action d’Amis du Kivu et de la FOPAC SK a constaté sur place le chemin qui reste à parcourir : « certains producteurs adhèrent à plusieurs coopératives à la fois dans l’espoir de « recevoir » plus d’appui ; cela montre que le mouvement coopératif n’est pas encore envisagé à sa juste valeur par tous ». Car tel est bien l’enjeu : encourager les paysans de cette zone instable à développer des pratiques plus rentables et plus durables, mais également les accompagner vers une structuration forte pour les sécuriser sur le long terme.

Marine Lefebvre

 

Qu’ils soient nombreux sur de petites surfaces ou de moins en moins sur de grandes exploitations, les agriculteurs des pays du Sud font, comme ceux des pays du Nord, face à de profondes mutations. Un sentiment de marginalisation les gagne, mais peut-être aussi de nouvelles solidarités…

Il y a cinquante ans, l’agriculture employait 20 000 personnes au Luxembourg. Seules 6 600 personnes travaillent désormais dans ce secteur qui assure à peine 0,3% de la valeur ajoutée du Grand Duché contre 7,4% à l’époque (chiffres du Statec). Cette diminution à la fois relative et absolue entraîne des conséquences profondes, tant économiques que sociologiques ou culturelles, qui ont été mises en lumière par le film documentaire de la réalisatrice luxembourgeoise Julie Schroell De Bauerblues. Sensible aux préoccupations de ces familles paysannes, SOS Faim a eu l’idée de projeter le film luxembourgeois dans des villages du Burkina Faso pour croiser les regards sur les difficultés du travail de la terre et de l’élevage. L’été dernier, différents villages ont ainsi accueillis une équipe de tournage pour recueillir les réactions d’un monde paysan qui, dans les pays d’Afrique de l’ouest, représente encore plus de 50% de la population active.

A l’heure où une prise de conscience des bailleurs internationaux pousse enfin à une meilleure prise en compte de la problématique agricole comme facteur de développement, des initiatives voient le jour avec des fortunes diverses. Alors que le monde paysan, à travers les organisations paysannes et les plateformes sous-régionales militent pour une reconnaissance et un soutien accrus de l’agriculture familiale, les puissances de l’agro-business tentent des percées pour trouver de nouveaux marchés, ce qui ne saurait en rien répondre aux besoins prioritaires de l’agriculture familiale, seule apte à remplir plusieurs fonctions essentielles à la fois : nourrir les paysans manquants de revenus pour acheter les nourritures importées, limiter l’exode rural, lutter contre l’érosion des sols et la désertification. Loin de la mécanisation et des lourds investissements qui endettent à vie les agriculteurs du Nord, des success-stories prouvent qu’une agriculture « écologiquement intensive » permet de développer le monde rural et de sortir des familles paysannes de la pauvreté.

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