Contre quelques millions d’euros, l’UE a réussi, une fois de plus, le tour de force de déléguer le « sale boulot », celui d’empêcher les ressortissants africains de jouir du droit à la mobilité.

Au sortir du mini-sommet de Paris convoqué par Emmanuel Macron, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays représentés ont annoncé l’envoi immédiat d’une mission au Niger et au Tchad pour s’assurer de la mise en œuvre rapide des décisions prises. Parmi les plus inacceptables, l’ouverture de hotspots dans les zones désertiques des deux pays cités pour parquer les migrants indésirables, en attendant leur renvoi de gré ou de force vers leurs régions et pays d’origines.
Fermer à tout prix la route migratoire de la Méditerranée centrale : pari gagné sur le papier pour le président français E. Macron qui a convoqué le 28 août 2017 à Paris, un mini-sommet sur la migration. Cette réunion a réuni autour de l’initiateur ses homologues d’Allemagne, du Niger, du Mali et du Tchad, le Premier ministre libyen et la Haute Représentante de l’UE.
Même s’il divise et provoque des remous au sein de l’UE, moins de 24 heures ont suffi au nouveau locataire de l’Elysée pour amadouer ses pairs du Niger et du Tchad et les convaincre d’accepter son projet d’endiguer les départs des migrants à partir de leurs pays. En échange d’une promesse de sommes d’argent fléchées, Issoufou Mahamadou et Idriss Déby ont avalisé le contenu de la déclaration finale qui ouvre la voie à une batterie de mesures d’internement des citoyens non ressortissants de l’UE. Le Niger et le Tchad n’étant pas de pays d’émigration à destination de l’Europe, c’est dans les rangs des autres ressortissants de l’Afrique de l’Ouest que l’on comptera le plus grand nombre des victimes des mesures restrictives annoncées. En effet, ces deux pays sahéliens ne figurent pas dans le rapport 2016 du HCR qui place la Guinée, le Nigeria et le Sénégal dans le top des pays de départ de migrants subsahariens.
Le jeune président a pris le soin de tout ficeler avant de convoquer la réunion. L’annonce de l’ouverture de hotspots en juillet à Orléans n’a pas seulement pris de court les chefs d’Etat des pays concernés. Elle ne leur a laissé aucun autre choix que de se plier aux exigences de Macron. La libre circulation de l’africain à l’intérieur du continent tant convoité par l’Union Africaine devra attendre des jours plus favorables.

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