Globalement, la faim dans le monde recule… Et pourtant près d’un milliard d’êtres humains en souffrent encore ! Certaines régions, notamment le Sahel, restent en situation d’insécurité alimentaire chronique.

Le changement climatique, la sécheresse en Afrique, l’augmentation de la population mondiale, la volatilité du prix des céréales sont généralement identifiés comme les causes majeures de la faim dans le monde. On oublie cependant trop souvent de s’interroger sur le rôle joué par nos habitudes alimentaires et plus particulièrement notre consommation de viande.

Au Luxembourg, la viande fait partie intégrante des habitudes culinaires. Il suffit de déguster les spécialités nationales, telles que la Mettwurscht, la Feierstengszalot, le Rieslingspaschtéit ou encore la Grillwurscht pour s’en apercevoir : de la viande et encore de la viande! Et pourtant comme le souligne l’économiste américain Jeremy Rifkin :

« Il suffirait de renoncer à la viande pour soulager la pénurie de grains tout en préservant l’environnement et notre santé ».

La consommation de viande a radicalement augmenté ces dernières années, atteignant une production totale de 300 millions de tonnes en 2014, soit cinq fois plus qu’en 1950. Les Luxembourgeois ne sont donc pas les seuls à raffoler de viandes, cette tendance à la hausse se fait ressentir dans tous les pays dont le niveau de vie est en augmentation, et particulièrement en Asie. Au vu des estimations de la croissance démographique mondiale, la consommation de viande devrait doubler au cours des 20 années à venir. Paradoxalement, l’expansion rapide du secteur de l’élevage constitue une menace pour la sécurité alimentaire mondiale.

Pour satisfaire la demande et favoriser la croissance et les rendements du bétail, le régime alimentaire de l’élevage industriel dépend aujourd’hui des céréales et du soja: 7 à 10 kg de céréales ou de produits végétaux sont nécessaires pour produire 1 kg de boeuf ! La production mondiale de viande et d’alimentation destinée au bétail consomme à elle seule 2/3 des terres agricoles dans le monde et 90% de la production mondiale de soja. Adaptées à la consommation humaine, ces cultures pourraient subvenir aux besoins alimentaires des 870 millions de personnes qui souffrent actuellement de la faim. Et pourtant elles sont réservées à nourrir nos futurs steaks…

Au contraire de l’élevage industriel, l’élevage de bétail à petite échelle des exploitations agricoles familiales contribue à la survie d’un grand nombre de petits exploitants pauvres des pays en développement et constitue une source potentielle de lutte contre la sécurité alimentaire. Il est donc important de développer une agriculture paysanne moderne fondée sur les savoirs traditionnels et durables en opposition à la production animale industrielle. De nombreux acteurs, tels que SOS Faim, appuient ces producteurs familiaux africains, les premières victimes de la faim, pour développer une agriculture adaptée aux conditions et aux besoins locaux tout en respectant les limites écologiques, économiques et sociales. Nous pouvons toutefois également agir à notre échelle en diminuant significativement notre consommation de viande et en favorisant la consommation de produits issus de l’élevage durable et local. Ces gestes quotidiens sont une façon simple et efficace pour lutter individuellement contre la faim dans le monde. Alors à vous de jouer !

Tout au long du mois de janvier, SOS Faim vous invite à débattre sur cette question à travers des défis, des arguments pour, des conseils comment, des espaces d’expression et de partage d’expériences entre initiés et débutants, etc. Visitez notre site internet et participez à notre geste du mois #1 : je mange moins de viande !

Cécile Havard

http://www.sosfaim.org