« Chez moi au Burkina, je me sens privilégié ; je fais en sorte d’avoir toujours un plat de riz à offrir à ceux qui en manquent et je mange moi-même peu, mais quand je suis au Luxembourg, il me semble qu’il y a trop de nourriture qui va se perdre et je ne peux m’empêcher de finir tous les plats. » explique Germain en retenant sur la table les assiettes que les serveurs voudraient retirer.

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Comme toujours pour SOS Faim, la visite de partenaires venus d’Afrique de l’Ouest est l’occasion d’enrichissants échanges et de réflexions sur nos modes de vie respectifs. Si tous les thèmes peuvent être successivement abordés dans des conversations à bâtons rompus, l’alimentation demeure un thème saillant, et d’autant plus exemplaire que nos environnements sont en tous points opposés : alors que (selon les statistiques publiées mardi 1er octobre par la FAO) sur les 842 millions de personnes (chiffre minimum) qui souffrent toujours de la faim, 223 millions vivent en Afrique et tout particulièrement dans le monde rural de la zone subsaharienne, le petit Luxembourg, avec ses 500 000 habitants, a, pour la seule année 2010, et selon l’étude menée par l’Administration de l’environnement, jeté 58.000 tonnes de déchets alimentaires, soit 115 kg par habitant. Le gaspillage est si étroitement imbriqué dans notre société de consommation que l’administration luxembourgeoise n’avait auparavant réalisé aucune étude sur la question jusqu’à ce que le thème soit mis sur la table par la Commission européenne qui s’est fixé comme objectif de réduire les quantités de déchets alimentaires de 50% d’ici 2025. Connaître le volume de nos déchets est une première étape sur la voie de leur réduction, mais comment oser avouer ces chiffres à nos amis du Burkina Faso où « faire deux repas par jour, c’est être privilégié »?

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