Avec un taux d’insécurité alimentaire qui avoisine les 20%, la partie septentrionale du Cameroun, frontalière du Tchad et du Nigeria, est menacée par la famine, nous a alerté le réseau de nos partenaires locaux, alerte reprise par l’agence de presse APA.

Sorgho

Malheureusement encore récurrentes dans la zone sahélienne, les crises alimentaires ne devraient plus se produire dans un pays comme le Cameroun, au cœur de l’Afrique centrale et côtier, dont la croissance du PIB approche les 5% et qui connaît une situation politique parfaitement stable, avec un Président, Paul Biya, en place depuis 1982. Le potentiel agricole du Cameroun est immense : très grande diversité agro-écologique, vaste réseau hydrographique, d’immenses terres agricoles … dont 29% seulement sont mises en valeur. En y achetant des terres fertiles notamment pour la production d’huile de palme, les compagnies étrangères font de rapides retours sur investissement et ne contribuent en rien à l’amélioration de la sécurité alimentaire mais s’engagent au contraire dans des pratiques nuisibles d’accaparement des terres. Dans le même temps, les populations du Nord Cameroun connaissent une grave pénurie de denrées de consommation courante, telles que le maïs, le mil, le riz, le sorgho.

En juin, on a observé une hausse de 15 à 25 % sur le prix du sac de mil, pourtant produit dans la région. La cherté des denrées de base prouvent leur rareté et rend difficile leur achat par des populations qui restent parmi les plus pauvres du pays. Si les aléas climatiques ont entraîné des récoltes médiocres, la propension des agriculteurs à vendre leurs produits au Nigeria et au Tchad voisins où il y aurait une meilleure rémunération, aggravent la situation de pénurie dans une région enclavée par le manque d’infrastructures : c’est une piste goudronnée mais fortement détériorée de 1000 km qui relie le Sud du pays à la première ville d’importance du Nord, Garoua.

(suite…)