« Chaque mois, SOS Faim relaie le travail et les préoccupations de ses partenaires africains qui œuvrent pour le développement des exploitations agricoles familiales et pour la souveraineté alimentaire. »

200ème chronique SOS Faim pour Le Quotidien

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En 2013, SOS Faim a 20 ans, La Voix du paysan (LVDP) camerounais, 25. Et au-delà des anniversaires symboliques, un autre point commun : l’ambition de contribuer à l’éradication de la pauvreté dans le monde rural par le renforcement d’une agriculture familiale rentable et productive. C’est dans cette optique que SOS Faim, depuis ses débuts, apporte son soutien au SAILD (Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement), une ONG camerounaise qui accompagne le développement du mouvement paysan  dans ce pays d’Afrique central. LVDP, « mensuel de l’entrepreneur rural » est l’un des outils mis en œuvre par le SAILD depuis 1988 pour insuffler une dynamique nouvelle à un monde paysan abandonné par les politiques publiques. Les résultats sont là : en 25 ans, l’image de l’agriculture et du paysan s’est profondément transformée. Marie-Pauline Voufo, directrice adjointe de la publication de LVDP est formelle : « Depuis les émeutes de la faim de 2008, on sent une attirance nouvelle pour l’agriculture. Ces dernières années, nous avons fait plusieurs dossiers pour prouver qu’on peut « réussir le retour au village ». Nous avons montré plusieurs exemples de succès et on observe que de plus en plus de jeunes entrent en agriculture ; certains quittent même la Fac pour tenter leur chance au village ! »

L’observation de cette tendance pousse le SAILD et La Voix du Paysan à organiser des journées d’information sur l’insertion des jeunes en milieu rural et à y recueillir des témoignages, tel celui de Véronique : « Au village, je cultive de manière artisanale. Mon fils, qui fait des études, pourra améliorer notre manière de travailler s’il s’applique bien. Je souhaite qu’il s’intéresse tôt à l’agriculture et se forme. Il pourra produire mieux que moi et gagner plus d’argent. Avec l’emploi qui est dur à trouver de nos jours, il vaut mieux guider l’enfant très tôt vers ce qui pourra lui permettre demain de gagner son pain.» Témoin aussi, Elysée, 28 ans et diplômé d’un CAP en maçonnerie qui a le projet de rentrer au village pour produire « le cacao, le palmier à huile et le plantain qui y produisent bien et sont rentables », mais à qui il manque… les fonds de départ.

LVDP, le SAILD, comme SOS Faim, partagent avec les autres acteurs du développement de l’agriculture  la conviction que le renforcement des exploitations familiales est une des réponses concrètes majeures pour lutter contre la faim et la pauvreté qui touchent avant tout les ruraux des pays en développement.

Alors que la population des villes africaines continue d’augmenter, la demande urbaine peut servir de moteur au développement des agricultures familiales. Les organisations paysannes en font désormais un argument de plaidoyer, tels ces autres partenaires de SOS Faim que sont la Fédération des ONG du Sénégal (FONGS) et le Comité National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR) qui ont réalisé une étude pour expliquer « Comment les agricultures familiales peuvent nourrir le Sénégal ? », dans lequel ils insistent sur la nécessité de ne pas se limiter à un soutien de la production, mais de travailler également pour promouvoir la consommation locale afin de réussir à augmenter l’autonomie alimentaire des Etats et, ainsi, réduire les risques de crise en prenant appui sur leur paysannerie, plutôt que sur les importations, voir les aides d’urgences des pays riches.

 Marine Lefebvre

http://www.sosfaim.org