COMMUNIQUE DE PRESSE

Mardi 19 mars 2013 

 

Le 13 mars dernier, le Parlement européen a voté 4 propositions législatives visant à réformer la politique agricole commune (PAC) de l’UE. Ce vote en plénière du Parlement européen marque certes une légère avancée sur le vote catastrophique de la commission agriculture du Parlement de janvier 2013. Mais pour SOS FAIM, les ambitions des parlementaires européens pour une nouvelle politique agricole européenne plus durable et plus solidaire sont décevantes.

 
reforme-pac-2Les déceptions majeures sont liées surtout au plafonnement des aides à un montant bien trop élevé (300.000 €), ce qui continue à légitimer la logique agro-intensive actuelle. Elles sont aussi liées à des mesures de verdissement trop timides (refus de la rotation des cultures), ce qui ne permettra ni de réduire notre dépendance aux protéines ni d’avancer dans les pratiques agro écologiques. Mais au-delà de ces doléances, le Parlement européen a par ailleurs balayé d’un revers de la main les amendements proposés par la Commission Développement du Parlement qui visaient à prendre en compte l’impact de la PAC sur les pays du Sud.

L’agriculture européenne, tant par sa dépendance aux importations (soja surtout) et sa logique d’exportations (produits laitiers, viande, céréales,…), impacte lourdement les petits producteurs des pays en voie de développement. L’objectif des amendements proposés était que la nouvelle PAC intègre concrètement les obligations de cohérence des politiques que l’UE s’est donnée. Cela devait passer par une PAC plus centrée sur le développement d’une agriculture à taille humaine, durable et destinée aux marchés locaux, mais cela impliquait également la mise en place de garde-fous en faveur des pays en voie de développement.

Il s’agissait principalement de mettre en place un système d’évaluation et un mécanisme de plaintes. Le mécanisme d’évaluation devait permettre de relever les incidences de la PAC sur « la capacité de production alimentaire et sur la sécurité alimentaire à long terme des pays en voie de développement ; particulièrement au niveau des petits producteurs locaux » (amendement 220). Le mécanisme de plainte accordait « aux petits exploitants et groupes touchés issus des pays en voie de développement le droit d’être reçu par un rapporteur auprès du Parlement sur la cohérence des politiques » (amendement 219). Il s’agissait aussi de refuser tout subside à l’exportation vers les pays en voie de développement « si l’exportation risque de nuire aux producteurs locaux » (amendement 473).

Tous ces amendements ont été rejetés : 434 voies contre le système d’évaluation, 426 voies contre le système de plaintes et 472 voies contre la suppression des restitutions aux exportations.

À un an des prochaines élections européennes, ce manque de courage politique de la part de nos représentants élus questionne … Plus encore, il nous invite à redoubler de mobilisation politique mais aussi d’initiatives citoyennes en faveur de modèle agricole soutenable qui peine à s’imposer.

 

Virginie Pissoort

Responsable campagne et plaidoyer

SOS Faim

vpi@sosfaim.org

02/548.06.70