Si le continent africain a été choisi pour accueillir la 17ème Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, les intérêts de l’Afrique n’allaient pas être pour autant être mis en avant : alors qu’une petite dizaine de membres représente un pays africain, c’est  plus d’une centaine qui occupent les rangs des délégations américaine ou chinoise, constatent les observateurs.

 

Cette faible représentation africaine ne signifie certes pas que le continent soit moins concerné ; au contraire, les études scientifiques le désignent  comme la première victime des changements climatiques, avec un climat plus sec et des températures qui augmenteront plus rapidement qu’ailleurs… Ultime paradoxe : l’Afrique est bien évidemment le continent qui, ayant connu un développement industriel moins important, a le moins contribué au réchauffement climatique. Aucun doute pourtant, c’est bel et bien l’Afrique rural qui éprouve d’ores et déjà les effets des changements climatiques dont l’agriculture, source majeure de subsistance de sa population, est la première à pâtir. Les experts prévoient d’ailleurs que l’augmentation des températures provoquera d’importantes pertes de rendement pour les principaux aliments de base du continent.

Sur le terrain, le changement est déjà une réalité : « Nos enfants ne connaissent plus les pullovers ! », nous expliquait Paul Thiao lors de son passage au Luxembourg en novembre, juste avant de rejoindre Durban pour participer à la conférence avec la délégation du Sénégal.  « 95 % des paysans sénégalais pratiquent une agriculture sous pluie, or les pluies sont décalées, tombent sur une période plus courte et sont plus fortes : elles lavent les sols au lieu de s’infiltrer… »

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