octobre 2011


Aucune « solution » proposée par la Banque mondiale ou le FMI n’a sorti les paysans africains de la pauvreté. « On est devenus encore plus vulnérables », affirme Ibrahim Coulibaly, représentant des organisations paysannes du Mali, devant le Conseil de la sécurité alimentaire mondiale le 21 octobre.

Les méfaits des plans d’ajustement structurel menés par les institutions internationales n’ont que trop duré. Les pistes pour en sortir sont claires.

Elles demandent une volonté politique pour leur mise en œuvre.

 Au Mali et ailleurs, SOS Faim soutient les revendications paysannes et leur vision du changement.

 

Il y a près de quarante ans, quand j’étais tout petit, on ne parlait pas de volatilité. Je me rappelle encore que notre gouvernement donnait des charrues, des bœufs de labour, de l’engrais à crédit à nos parents. À l’époque, il y avait un service public, l’OPAM, qui achetait les produits alimentaires aux familles paysannes à des prix connus d’avance.

Il y a environ trente ans, j’étais au collège, on nous a dit que c’était mieux de produire pour les marchés extérieurs et nous avons commencé à entendre dans le discours de nos hommes politiques un terme « détérioration des termes de l’échange », une véritable complainte à l’époque, mais qui n’a eu d’écho nulle part. De quoi s’agissait-il ?

En vérité, les prix des produits agricoles d’exportation s’effondraient sur le marché international. Les gouvernements d’alors avaient certes commis l’erreur fatale de pousser les paysans à produire plus de produits d’exportation mais, quand cela a mal tourné, seuls les paysans ont payé le lourd tribu.

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SOS Faim s’associe à ce texte co-signé par différentes organisations françaises

Au Nord comme au Sud, il est temps de soutenir les agricultures familiales. Le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, reconnaissait récemment qu’il faut « sortir d’un système qui n’a pas fonctionné, dans lequel le Nord nourrit le Sud, pour un système plus efficace où le Sud progresse dans son autonomie alimentaire ». La réforme de la Politique agricole commune pour 2014-2020 va-t-elle dans ce sens ? Les propositions présentées le 12 octobre par la Commission européenne sont loin du compte !
L’agriculture, essentiellement familiale, fait vivre jusqu’à 80% des populations des pays les plus pauvres de la planète. Les paysans du Sud, qui sont très majoritairement des femmes, représentent également 75% des 925 millions de personnes touchées par la faim. C’est pourquoi, l’Union européenne place le soutien à l’agriculture familiale parmi les priorités de sa politique de développement. Mais avec la nouvelle PAC, l’UE menace, comme par le passé, de reprendre d’une main ce qu’elle donne de l’autre et d’aggraver le sort des agriculteurs du Sud en continuant d’éliminer les petits paysans Européens. En effet, l’Union européenne, premier importateur et deuxième exportateur mondial de denrées alimentaires, est un acteur majeur sur le marché international. Ses décisions ont donc une influence déterminante sur l’alternance brutale de flambées et d’effondrements des prix agricoles mondiaux qui affectent durement les revenus de millions de paysans. Or, depuis plusieurs décennies, dans le cadre d’une stratégie globale de libéralisation des marchés agricoles, les mécanismes de maîtrise de la production (quotas laitiers, etc.) et de régulation des marchés agricoles (stocks publics, etc.) ont été peu à peu abandonnés. Les propositions de l’UE obéissent à cette logique  dangereuse qui la prive de moyens pour contribuer à limiter la volatilité des prix agricoles mondiaux. Une menace pour la sécurité alimentaire mondiale.
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