septembre 2011


Bukavu, RDCongo,  juillet 2011 :

Ni front ouvert, ni bombardement, la guerre qui n’en finit pas à l’est de la RDC est au centre de ce que les historiens  ont nommé la Première guerre mondiale africaine, déclenchée à la suite du génocide au Rwanda et au renversement du Président Mobutu du Congo, alors dénommé Zaïre. Depuis une quinzaine d’années, les populations y sont prises en étau entre les retournements d’alliance politiques et les changements de tactiques militaires des nombreux protagonistes  du conflit.

« Ici, ce n’est pas une guerre scientifique et il n’y a aucune règle qui s’applique » ironise Charles avec cet humour désopilant dont sont capables ceux qui ont tout vu et qui refusent de céder au désespoir. « Des groupes armés sont cachés dans les montagnes et surgissent de temps à autre dans les villages où ils pillent et violent, puis s’en retournent sans être inquiétés. »

Originaire de la capitale de la province du Sud Kivu, Bukavu, Charles Cikomola a travaillé auprès des déplacés dans les camps mais, très vite, il a senti l’importance de les aider à rentrer dans leurs villages pour retrouver leur autonomie. Si la situation sécuritaire est loin d’être revenue à la normale dans l’Est de la République Démocratique du Congo, il y a, depuis 2003, un semblant de stabilisation qui autorise les rapatriements et la relance d’activités.

« Certaines ONG étrangères continuent toujours de distribuer des sacs de riz, sans s’inquiéter de ce que cette charité décourage les villageois à mener leurs propres activités. Ce dont les paysans ont besoin, c’est de refaire leur cheptel et de retrouver des outils de production pour cultiver leurs champs, non pas de nourriture tombée du ciel qui les installe dans la dépendance de l’aide extérieure ! ».

Au volant de son véhicule 4×4 pour nous conduire vers les villages perdus dans la plaine de la Ruzizi, Charles se concentre pour franchir un passage à guet assez abrupt et poursuit : « Les provinces du Kivu n’ont aucune infrastructure mais on s’organise comme on peut ; ce ne sont pas les ONG qui peuvent financer des routes ou des branchements au réseau électrique mais il y a tant à faire, qu’on peut facilement améliorer bien des choses. »

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L’Europe traverse une crise inédite. Et si l’inédit résidait moins dans la crise que dans l’impossibilité désormais pour l’Europe de se défausser des phénomènes de crise sur son territoire en les exportant ?

Prenons le volet agricole de l’UE : la PAC a permis de reconstruire une agriculture capable de nourrir les citoyens européens, mais savons-nous à quel prix ?

Dès les années 70, les crises de surproduction ont été évacuées via des subventions aux exportations vers les régions moins organisées, où, parallèlement, le FMI imposait une libéralisation des échanges. Loin d’endiguer la faim dans le monde, cette libéralisation a débouché sur des politiques qui ont considérablement affaibli les économies des pays en voie de développement auxquels on imposait des politiques d’ajustement structurels. La conséquence de ces politiques dans le domaine agricole ? A partir des années 80, l’Afrique est devenue importatrice nette de produits agricoles alors qu’elle était exportatrice nette jusque-là ! Et ce n’est pas tant la démographie qui est en cause dans cette mutation que les choix politiques : suppression des protections douanières et des soutiens des Etats à l’agriculture, priorité donnée aux cultures d’exportation (coton, cacao…) pour faire entrer les devises au détriment des productions vivrières locales…

Il a fallu du temps, et ô combien de dégâts…, pour que les pays concernés relèvent la tête…

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