Cette fois, des responsables politiques reconnaissent leur échec et adoptent le  diagnostic des ONG, dont SOS Faim, selon lequel les conditions climatiques extrêmement difficiles ne sont pas seules en cause dans la famine qui  touche plus de 12 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique.

 « C’est insupportable et c’est la preuve d’un échec de la communauté internationale depuis plusieurs années dans l’approche que nous avons eue de la faim dans la monde« , a déclaré Bruno Le Maire, le ministre français de l’Agriculture mardi 26 juillet, suite à la réunion qui s’est tenue lundi à Rome au siège de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avec des ministres, des ONG et des banques de développement, avant d’ajouter : « il faut investir dans l’agriculture des pays en développement. »

Il validait ainsi les recommandations des ONG, et celles d’Olivier De Schutter, le Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation qui déclarait de son côté  : « Il faudrait 1,6 milliard de dollars pour faire face aux conséquences de la famine ». Or, ces sommes auraient dû être investies « en amont il y a longtemps » : elles auraient évité d’en arriver là.

Au niveau international, comme au niveau des responsables politiques régionaux, c’est l’impréparation que fustige Monsieur De Schutter, soulignant les quatre types de mesures qui devraient déjà être opérationnelles :

– la mise en place d’une « réserve alimentaire » permettant au Programme alimentaire mondial (PAM) de distribuer de la nourriture en période de disette et de stabiliser les prix. – la création d’un instrument de mesure international contraignant, qui oblige les donateurs à intervenir lorsque le PAM le demande.

– Les pays de la région auraient en outre dû se doter de plans permettant aux autorités de mieux répondre aux situations de sécheresse.

– la création d’un instrument de mesure international contraignant, qui oblige les donateurs à intervenir lorsque le PAM le demande.

– La pratique d’une agriculture plus résiliente avec, par exemple, des systèmes de collecte d’eau de pluie et via la plantation d’arbres permettant aux sols de mieux capter les eaux.

Or « rien de tout cela n’est fait« , constate amèrement le haut fonctionnaire international.

  • Soutenir les politiques agricoles des pays en développement, améliorer le stockage et la transformation des denrées alimentaires, tels sont effectivement quelques-uns des axes de travail de SOS Faim. En Ethiopie, le Directeur de Buusaa Gonofaa, l’institution de microfinance (IMF) active en région Oromo touchée par la famine et partenaire de SOS Faim, témoignait la semaine dernière de ce que les populations paysannes avec les quelles son IMF travaille ne sont pas accablées par la situation : des adductions d’eau, une diversification des activités, etc… bien des solutions permettent d’atténuer les effets d’une crise climatique telle que celle qui sévit actuellement.

Sans politiques agricoles pour soutenir et protéger l’agriculture familiale, les pays en développement s’enfoncent dans une dépendance au marché mondial, forcément volatile, et aux aléas climatiques, alors qu’ils ont largement le potentiel de nourrir leur population.

Les causes de la famine ne relèvent plus de la fatalité ; la communauté internationale a les moyens de les prévenir. A nous de mobiliser nos responsables politiques sur des solutions structurelles de long terme, visant à garantir la souveraineté alimentaire des pays de la région !

« Si nous continuons à répondre aux sécheresses et crises à la façon actuelle, elles ne prendront jamais fin, il n’y aura pas de solution et l’aide sera toujours trop faible et arrivera toujours trop tard », a expliqué à Nairobi Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.