Les pays en développement n’utilisent que 25 % des pesticides produits dans le monde mais ils enregistrent 99 % des décès dus à ce type d’intoxication, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Quant à la mortalité liée à la sous-nutrition, elle est à 100 % localisée dans ces mêmes pays.

Vendus pour améliorer les récoltes, 30 % des pesticides commercialisés dans les pays en développement ne sont pas conformes aux normes acceptées mondialement, d’après l’OMS. En Afrique, les producteurs sont exposés aux effets nuisibles de ces produits : manque d’alphabétisation pour lire les notices, de formation aux techniques agricoles …  Selon la FAO, le nombre annuel des intoxications des enfants par ces produits se situe entre 1 et 5 millions dont plusieurs milliers de cas mortels.

Au regard de la problématique de la faim, la question sanitaire ne pèse peut-être pas lourd et les ventres vides ne se formaliseront pas de ce que, dans leur combat quotidien, quelques-uns tombent sous les coups collatéraux… des pesticides. Mais assez de cynisme face à la faim ! Ni les pesticides ni la charité n’apportent de solution à tous ceux qui voudraient manger à leur faim. Être en capacité de produire sans être à la merci des vendeurs de chimie (ou de semences), voilà ce que revendiquent les producteurs africains.

Entre autres exemples d’initiative qui porte ses fruits, retenons celle des villageois de trois communes du Centre Nord du Burkina Faso qui voient verdir le Sahel grâce à leurs efforts. Initié par des acteurs locaux, un programme de sécurité alimentaire est mis en place depuis 2008. Connaissant le milieu et ses populations, l’ONG APIL (Action pour la Promotion des Initiatives Rurales) s’investit sur différents fronts, dont le développement du maraîchage en zone sahélienne.

Dans un pays où la récolte annuelle de céréales (mil, sorgho, maïs) est tributaire de saisons des pluies de plus en plus chaotiques, 75 % de la population dépend pourtant de l’agriculture pour se nourrir ! Pour sortir les paysans de cette précarité, le programme d’APIL développe des activités complémentaires en favorisant l’installation de périmètres maraîchers irrigués autour des retenues d’eau. Menée pendant la longue période sèche, cette activité améliore considérablement la variété alimentaire et permet une commercialisation des produits sur les marchés locaux.

APIL dote les paysans de moyens pour irriguer leurs champs, les font bénéficier de formations en techniques maraîchères et les forme à la réalisation de fumure organique. Abdoulaye Ouedraogo, le coordinateur d’APIL, témoigne de la conversion enthousiaste de tous les paysans ayant reçu cette formation : « A l’horizon 2012, ce sont 900 producteurs et productrices qui auront la maîtrise des techniques de protection et de conservation des sols, qui produiront et utiliseront de la fumure organique pour mettre sur le marché des produits plus sains, tout en augmentant d’au moins 5 % la rentabilité de leur production, sans nuire à leur santé. »

Ce programme de sécurité alimentaire au Burkina Faso est soutenu par le promoteur immobilier CODUR.