mars 2011


Les organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest sont venues en force à Dakar. Le 11ème Forum Social Mondial s’est achevé dans la capitale sénégalaise le 11 février dernier après une semaine d’intenses débats. Après Nairobi en 2007, c’était la seconde fois que l’opposition à l’ordre néo-libéral choisissait le continent africain pour tenir forum. Depuis sa première édition à Porto Allegre en 2001, la manifestation a conservé son leit-motiv, « un autre monde est possible » mais son public s’est élargi et densifié. Les thématiques agricoles et d’accès à la terre, la souveraineté alimentaire et la situation des migrants ont cette fois dominé les débats.

Eva Joly, présidente de la commission du Développement du Parlement européen s'entretient avec des Sénégalaises déterminées à faire valoir leur droit à la terre.

Pour les organisations paysannes d’Afrique de l’Ouest, la tenue du Forum dans une capitale ouest-africaine, en un lieu pour elles accessible, a été une occasion à ne manquer sous aucun prétexte. De fait, les organisations partenaires de SOS Faim ont, à leur initiative individuelle, fait le déplacement en nombre, du Sénégal bien sûr, mais aussi du Mali, du Burkina Faso ou du Niger. Elles sont venues chercher un espace d’échange et de partage d’expériences, une tribune et un auditoire attentif ; elles en sont reparties confortées dans leur approche et leurs analyses, renforcées par leurs convergences de vues.

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Avec l’Appel de Dakar, un pas important a été franchi  lors du Forum Social Mondial qui s’est tenu dans la capitale sénégalaise du 6 au 11 février.

Dans le sillage de la crise de 2008, on a vu le problème de l’accaparement des terres agricoles prendre un large essor sans que dénonciations et revendications  ne trouvent d’instances  attentives.  A Dakar, organisations de la société civile et organisations paysannes venues de tous les horizons ont pu exposer les diverses formes prises par le processus d’accaparement de terres arables et confronter les multiples conséquences négatives du phénomène sur les populations concernées. En effet, quelle autre instance que ce rendez-vous alternatif initié à Porto Alegre dix ans plus tôt aurait permis à des associations venues du Mali, du Mozambique et de l’Indonésie d’échanger leur expérience et de faire entendre leur témoignage malgré la barrière de la langue ?

Conférence sur l'accaparement des terres avec la participation d'Eva Joly

En dépit d’une organisation très chaotique, ce sont plus de quarante ateliers qui se sont tenus autour de ce seul thème durant le Forum. Menace directe contre la souveraineté alimentaire, les cessions de terres à grande échelle qui se multiplient particulièrement en Afrique sont facilitées par la fragilité des droits de propriété foncière. Avec la hausse des prix agricoles, on  assiste ces dernières années à une véritable ruée sur les terres des pays en voie de développement. Les acheteurs sont aussi bien des entreprises que des Etats importateurs nets qui achètent des terres dont les cultures sont destinées à l’exportation d’aliments ou d’agrocarburants. D’après la Banque mondiale, on est passé de 4 millions d’hectares cédés par an en moyenne au cours de la dernière décennie à 45 millions en 2009 : le phénomène a plus que décuplé !

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