Un autocrate évincé en quelques jours de Tunisie, deux présidents en Côte d’Ivoire mais toujours aucun en exercice, le plus vaste pays d’Afrique, le Soudan, sur la voie d’une partition aux conséquences incalculables, le Sahel aux prises avec la nébuleuse AQMI… Autant de facteurs de déstabilisation du continent africain qui ont sans doute pour point commun l’exaspération de groupes humains face à une répartition de plus en plus injuste des richesses…

Si la dénonciation de l’indécent écart de richesses qui se creusent entre riches et pauvres d’un même pays (qu’il soit du Nord ou du Sud) est devenue courante, cessons de fermer les yeux sur l’écart que creusent nos sociétés opulentes avec celles qui, comme au Sahel, cumulent les handicaps à leur développement …

Là-bas, les populations rurales ont l’habitude de se serrer la ceinture et faire deux repas par jour (non trois) est le privilège de ceux qui s’en sortent le mieux. Mais on commence à lire que les gens des villes eux aussi se mettent à sauter des repas… Non parce que les magasins seraient vides, mais parce que les ménages ne peuvent acheter de quoi nourrir leur famille. Or, comme on l’a vu en 2008, la tolérance au manque de pain et de riz est plus faible en ville qu’en milieu rural et devient vite un motif de révolte.

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