Kinshasa, 18/12/2010 / Société

Des journalistes-agricoles de Kinshasa Bas-Congo, Bandundu bénéficient depuis vendredi 17 décembre dernier dans la capitale congolaise d’une formation sur les techniques de collecte, traitement et diffusion des informations agricoles en vue de promouvoir l’Agriculture en Rdc.

Le Centre nationale d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP) a ouvert, vendredi 17 décembre 2010 au Cabinda Center à Kinshasa/Lingwala, un atelier de formation de deux jours d’affilée à l’intention des journalistes pour les sensibiliser sur la promotion de l’Agriculture en République démocratique du Congo.

Pendant deux jours, ces hommes et femmes des médias venus de Kinshasa, Bandundu et Bas-Congo, bénéficieront des exposés, entre autres sur « le mouvement paysans en Rdc : sa place et son rôle dans le développement agricole et rural » par le directeur de Prefed Ernest Kuyengila, la souveraineté alimentaire en milieu rural » par le professeur de l’Unikin Jacques Paulus…

Selon la coordonatrice du programme au CENADEP Jeannine Mukanirwa qui a lu le mot de circonstance du Directeur général de son organisation, cet atelier s’inscrit dans le cadre de la campagne Agri Congo, initiée par quatre Organisations belges, à savoir : Solsoc, SOS Faim, Trias et Vredeseilanden qui visent l’appui à la structuration du mouvement paysan en Rdc pour le développement des milieux dont l’apport des médias est fondamental.

« Nous voulons que vous puissiez vous impliquer davantage dans cette nouvelle démarche salutaire pour nos populations rurales. Pour ce faire, des communications pertinentes seront développés par des acteurs outillées pour un double but de former et d’informer les participants », a déclaré Jeannine Mukanirwa.

Cette dernière a précisé en termes clairs, « le CENADEP voudrait que les hommes des médias puissent manifester un intérêt particulier à tout ce qui touche à l’agriculture, au développement rural en ouvrant largement leurs espaces aux questions paysannes de manière à contribuer au développement du secteur agricole ».

A l’en croire, le constat fait par le CENADEP et d’autres observateurs avisés du secteur est que, d’une manière générale, les médias n’accordent pas suffisamment des espaces aux informations liées à l’agriculture et au développement.

« Certaines information intéresseraient la base, notamment la vulgarisation de la loi agricole, les prix du marché, la production semencière, les recherches agronomiques. Mais comment les journalistes traitent-ils ces genres d’information ? Rarement la parole est donnée aux paysans, aux agriculteurs, pisciculteur pour parler de leurs problèmes, leurs expériences en matière agricole, des filières agricoles, des questions de pauvreté, de l’exode rural et ses conséquences en milieux ruraux… » a martelé la coordinatrice du programme au CENADEP.

Elle a reconnu qu’ « Il y a quelques émissions ou espaces qui existent dans certaines de radio et de télévision, dans la presse écrite. Malheureusement aussi, ces médias ne sont pas captés dans tous les milieux ruraux. Il y a quelques organes spécialisés initiés par des ONG et des particuliers, mais ils sont aussi butés au même problème de manque d’une large couverture du pays.»

Pour contourner cette difficulté, « nous pensons qu’en créant un réseau des communicateurs agricoles nous pouvons résoudre ce problème à moitié, par un travail en synergie », a estimé Jeannine Mukanirwa.

En organisant cet atelier avec l’appui de SOS Faim, le CENADEP voudrait former des journalistes sur les techniques de collecte, traitement et diffusion des informations agricoles ; susciter l’intérêt des journalistes sur des questions agricoles ; créer des émissions et des rubriques agricoles dans les médias.

Bref aperçu sur la potentialité agricole de la Rdc

La Rdc possède beaucoup d’atouts qui peuvent permettre son développement agricole, à savoir : 80 millions d’Hectares de terres arables dont 4 millions irrigables, une diversité des climats, un important réseau hydrographique, un potentiel halieutique estimé à 707.000 tonnes de poisson par an, des savanes pour élevage important (40 millions de têtes de gros bétail).

Malgré ses potentialités qui la classent en deuxième position en termes de terres arables cultivables disponibles après le Brésil, à peine 10% sont seulement mises en valeur sur l’ensemble du pays. L’agriculture représente près de 50% du produit intérieur brut (PIB) de la Rdc alors que la valeur ajoutée annuelle par travailleur agricole atteint à peine 200$.

Les populations paysannes qui nourrissent pourtant les villes, les centres urbains et autres cités qu’elles provisionnent en produits vivriers, ne sont pas rémunérées convenablement en retour. Cette situation a pour conséquence : la pauvreté, la misère, l’exode rural des jeunes qui se désintéressent des activités agricoles, l’absence des infrastructures de base viables dans les milieux ruraux…

Hygin Mandiangu/MMC