juin 2010


par: Virginie Pissoort, Responsable de la campagne SOS Faim Belgique.

Que met-on en place pour inverser la tendance de destruction à grande échelle des paysans ? Leur rôle est crucial tant dans les pays pauvres que chez nous.

Il y a un an, le 19 juin 2009, la FAO annonçait que la barre du milliard de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition venait d’être franchie ! La faim sur Terre progresse donc plutôt que de régresser, et ce, alors qu’en l’an 2000, les Nations unies s’étaient engagées – moralement certes – à diminuer de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à 2015 (Objectif du millénaire – OMD – n°1). Inexorablement, sourdement, la faim continue ses ravages, frappant encore et surtout des paysans, des paysannes et leurs familles qui, trop pauvres pour produire suffisamment et dans de bonnes conditions, n’arrivent pas à vivre décemment de leur travail !

Et depuis l’annonce sans remords de ce chiffre honteux, il y a un an, qu’a-t-on fait, concrètement ? Qu’a-t-on entrepris pour éradiquer durablement ce fléau et donner enfin aux 3 milliards de paysans et à leurs proches l’opportunité de travailler, de manger et de vivre ? Qu’a-t-on mis en place pour inverser cette tendance de destruction à grande échelle des plus vulnérables ?

(suite…)


Malgré son importance, le secteur agricole de la zone sahélienne peine à se moderniser et reste largement tributaire des aléas climatiques, qui occasionnent régulièrement des crises alimentaires. Dans certains pays comme le Burkina Faso ou le Mali, la dernière production agricole  a été forte, sans empêcher des poches de déficits importants. Dans des pays comme le Niger ou le Tchad, la situation est beaucoup plus grave. Dans ce contexte de précarité, des initiatives locales existent pour limiter l’impact des aléas de production sur les paysans.

Si, en ce printemps 2010, le Niger est le pays le plus gravement touché avec seulement 16,8% de sa population rurale qui se trouve en situation de sécurité alimentaire suite à un déficit de plus de 20,3 millions de tonnes par rapport à la production de l’année passée, les autres pays des la zone sahélienne sont également affectés.

L’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies aussi bien dans l’espace que dans le temps pendant la campagne agricole 2009/2010 ont entraîné des déficits céréalier et fourrager importants. Les ménages en insécurité alimentaire ne disposent suffisamment ni de revenus, ni de stocks alimentaires pour couvrir leurs besoins quotidiens. Ils consacrent en moyenne entre 70 et 72% de leur budget à l’alimentation, disposant ainsi de très peu de ressources pour faire face à d’autres besoins vitaux tels que la santé et l’éducation.  La détérioration des termes de l’échange entre le bétail et les produits vivriers figure parmi les principaux signes annonciateurs d’une crise alimentaire, les ménages étant contraints de vendre leur bétail quel qu’en soit le niveau des prix. L’absence d’eau ou de pâturage est  le problème le plus crucial. Au Niger, 86,9% des villages ont indiqué que la situation des pâturages s’est dégradée comparativement à celle de l’année dernière.

(suite…)