Développer l’agriculture familiale, c’est répondre non seulement aux besoins alimentaires des paysans, mais aussi améliorer les revenus des populations rurales et limiter l’exode rural. Au Sénégal, la Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal (FONGS) a parfaitement intégré ces enjeux dans les programmes qu’elle met en œuvre.

La bande littorale au Nord de Dakar appelée « Niayes » est le jardin maraicher du Sénégal. Tous les légumes frais consommés dans les grandes villes en proviennent. Malheureusement, en plus d’une forte pression démographique et de l’urbanisation qu’elle entraîne, cette zone connaît une détérioration croissante de ses sols en raison de la pollution de sa nappe phréatique et de la salinisation consécutive à la montée du niveau de la mer.

Cette bande côtière, c’est aussi une ouverture immédiate sur la mer et sur le rêve de l’eldorado, de l’autre côté de l’horizon. Ils sont nombreux, les jeunes Sénégalais, à embarquer chaque mois sur des pirogues pour tenter de franchir la distance qui les sépare de l’Europe…

Mme Gueye y a perdu l’un de ses deux fils. Après ce grand malheur, elle a entendu parler d’un programme de financement rural.  Elle s’y est accrochée, déterminée à tout mettre en œuvre pour passer à son second fils l’envie de tenter le sort à son tour. En souscrivant un crédit pour équiper son terrain d’une motopompe, elle a pu améliorer les conditions de travail et augmenter les rendements de ses parcelles qui ne lui permettaient plus de s’en sortir.

Ce happy end nous a été rapporté par Mass Gning, membre du Comité d’exécution technique et de suivi du FAIR (Fonds d’Appui aux Initiatives Rurales).

« Sur ce terrain rural, délaissé par les banques classiques, nous réussissons à financer des investissements productifs. Nos mécanismes et procédures diffèrent des structures classiques car nous travaillons entre clients-propriétaires des fonds et accompagnons les sociétaires depuis l’idée jusqu’à la mise en œuvre des projets. »

Soutenue par SOS Faim, cette initiative émane d’un mouvement paysan autonome, (FONGS) qui existe depuis 1976. Il compte aujourd’hui plus de 150 000 membres actifs regroupés dans 32 associations paysannes de dimensions variées et réparties sur l’ensemble du pays et touche plus de 2 millions de personnes dont 65 % de femmes.

Egalement responsable du Financement rural à la FONGS, M. Gning se félicite des résultats enregistrés par le FAIR : « 193 projets ont été financés sur 4 cycles de crédits d’investissement, inscrit sur du moyen et long terme  dans le monde rural. Cela a d’ores et déjà permis d’accroître le taux de couverture alimentaire.»

A travers le FAIR Sénégal, la FONGS intensifie sa promotion de l’exploitation familiale rurale et la défense des petits producteurs. Si son action sur le terrain est primordiale, elle assume également un rôle d’interpellation du gouvernement : « Il nous faut des politiques définies avec les populations et non des politiques déclarées pour elles mais élaborées en dehors d’elle ! »

Sur ce volet aussi, la FONGS enregistre des succès : elle a été l’un des principaux artisans du mouvement paysan sénégalais qui a fait du lobbying pour que soit promulguée en 2004 la loi agro-sylvo-pastorale. Celle-ci annonce que l’Etat du Sénégal décide de faire de « l’agriculture un moteur de la croissance de l’économie ».

Ces victoires renforcent la légitimité de la FONGS qui met au point des stratégies adaptées aux nouveaux défis : le changement climatique et la productivité de l’exploitation familiale deviennent les deux axes centraux du nouveau programme.

Tous les sociétaires de la FONGS vous le diront : c’est moins la peur ou le renvoi à l’arrivée en Europe, que l’amélioration des conditions d’existence qui sont en mesure retenir les jeunes au pays !

Add to FacebookAdd to DiggAdd to Del.icio.usAdd to StumbleuponAdd to RedditAdd to BlinklistAdd to TwitterAdd to TechnoratiAdd to Yahoo BuzzAdd to Newsvine