février 2010


L’alerte a été donnée fin janvier du risque d’une prochaine crise alimentaire au Sahel, mais elle a à peine été reprise par les médias. La famine en Afrique ne ferait-elle plus recette ? Le public se serait-il habitué à la litanie des crises alimentaires et y verrait-il une fatalité ? Pense-t-il peut-être même qu’on ferait-on mieux d’abandonner l’Afrique à son sort ?…

Si les acteurs du développement n’en croient rien, c’est qu’ils ont de leur côté le formidable dynamisme d’un monde paysan las de courber l’échine et résolu à lutter et à entreprendre !

« Le producteur d’aujourd’hui n’est plus celui de 1960 ! On a besoin d’aménagements dans la zone et nous voulons être investisseurs nous-mêmes ! Nous voulons contribuer à l’aménagement des parcelles que nous occupons et on veut être aidé en fonction de nos besoins ! » déclare Faliry Boly, le secrétaire général du Syndicat des riziculteurs de l’Office du Niger (ON). Créé en 1997, ce syndicat s’est constitué en réaction à la dérive des gestionnaires de l’ON, un organisme public malien en charge d’un domaine irrigué de 80 000 ha utilisant l’eau du fleuve Niger en plein Sahel.

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Développer l’agriculture familiale, c’est répondre non seulement aux besoins alimentaires des paysans, mais aussi améliorer les revenus des populations rurales et limiter l’exode rural. Au Sénégal, la Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal (FONGS) a parfaitement intégré ces enjeux dans les programmes qu’elle met en œuvre.

La bande littorale au Nord de Dakar appelée « Niayes » est le jardin maraicher du Sénégal. Tous les légumes frais consommés dans les grandes villes en proviennent. Malheureusement, en plus d’une forte pression démographique et de l’urbanisation qu’elle entraîne, cette zone connaît une détérioration croissante de ses sols en raison de la pollution de sa nappe phréatique et de la salinisation consécutive à la montée du niveau de la mer.

Cette bande côtière, c’est aussi une ouverture immédiate sur la mer et sur le rêve de l’eldorado, de l’autre côté de l’horizon. Ils sont nombreux, les jeunes Sénégalais, à embarquer chaque mois sur des pirogues pour tenter de franchir la distance qui les sépare de l’Europe…

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