La Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal (FONGS) est l’émanation de 3 000 groupements villageois et touche plus de 2 millions de personnes dont 65 % de femmes. Créée en 1976 sur l’initiative de 09 leaders d’associations paysannes, elle a été reconnue officiellement le 12 octobre 1978 comme une organisation à vocation socio-économique sans but lucratif. La FONGS est un mouvement paysan autonome qui compte aujourd’hui plus de 150 000 membres actifs regroupés dans 32 associations paysannes de dimensions variées réparties sur l’ensemble des 11 régions du Sénégal. Son siège est à Thiès, à 70 km de Dakar, où est basée la coordination nationale. Au niveau de chaque région, une Coordination régionale a été implantée depuis 1996.

Depuis sa création en 1976, la FONGS s’est donnée comme finalité de constituer un mouvement associatif fort qui réhabilite le statut et l’identité du paysan par le biais de la responsabilisation et de l’autonomie dans la solidarité, ceci pour arriver à faire face aux défis qui interpellent le monde rural.

Elle vise les buts suivants :
• Développer les capacités d’autonomie des structures paysannes membres ;
• Consolider la solidarité inter associative ;
• Favoriser la responsabilisation de ses membres à travers des programmes appropriés de communication, de formation et de renforcement de capacités ;
• Permettre aux paysans de mieux vivre chez eux et de jouer un rôle moteur dans le développement local.

Pour ce faire, elle se doit de remplir trois conditions :
• Etre reconnue dans son identité et ses valeurs en s’appuyant sur celle-ci pour impulser l’auto développement des terroirs villageois ;
• Valoriser les ressources humaines, naturelles, techniques et économiques ;
• Promouvoir des systèmes et des modes de production durables allant dans le sens de la sécurité alimentaire.

A travers une analyse des difficultés persistantes de la condition paysanne au Sénégal et de l’aggravation de la pauvreté des ruraux, la FONGS a élaboré en 2002, une vision politique et économique paysanne pour construire autrement le futur du monde rural. Cette vision s’appuie sur une autre conception de l’économique, une action politique et une contribution à la refondation de la société rurale sénégalaise.

Elle est basée sur:
– Une économie de promotion et non d’exploitation à des seules fins de recherche de profit ;
– Une économie profitable qui assure un volume d’activité et des revenus suffisants aux ruraux ;
– Une économie durable, soucieuse de la reconstitution des ressources naturelles et de l’entretien des mécanismes sociaux permettant de gérer un « vivre ensemble » solidaire ;
– Une économie équitable s’attaquant aux causes de la pauvreté et réduisant les inégalités.

Une action politique

Elle repose sur :
– Des orientations politiques, engageant tous les acteurs (institutions internationales, État, collectivités décentralisées) et garantissant le paysan contre les excès d’une libéralisation sauvage et les dérapages d’une concurrence non transparente.
– Des conditions-cadres, favorisant la permanence des ressources naturelles, l’accès des ruraux aux financements, aux innovations techniques et technologiques, etc.

Pour une refondation de la société rurale sénégalaise

Les organisations paysannes ont un rôle déterminant à jouer pour :
– Apporter à leurs membres l’information utile ;
– Défendre les intérêts du monde rural ;
– Contribuer à la construction d’une nouvelle société rurale sénégalaise.

Le Projet Expérimental Pilote du Fonds d’Appui aux Initiatives Rurales (PEP-FAIR) teste le crédit d’investissement pour les exploitations familiales. Après près de 3 années de mise en œuvre, de 2006 à 2009, 143 projets ont été financés à travers le Sénégal pour un montant global de 213 millions de F CFA. En plus du crédit, un appui institutionnel est apporté aux mutuelles des associations membres de la FONGS. Après trois cycles d’octroi de crédit, le FAIR lance son quatrième cycle.