Près de 3,5 millions de personnes sont en insécurité alimentaire dans la province du Sud-Kivu, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Plus élevé que l’année dernière à la même période, ce chiffre traduit la fragilité accrue des populations vivant à l’est de la République Démocratique du Congo, et leurs difficultés croissantes à produire, comme à acheter de la nourriture en quantité suffisante.

Avant d’être alimentaire, l’insécurité est physique dans une région en proie à des conflits armés sans fin, entre rébellions multiples et armée congolaise en perdition… Mais face à une situation qui dure depuis près de 20 ans, la réponse de la solidarité internationale ne saurait se limiter à la gestion de camps de réfugiés ! A la demande d’ONG locales, SOS Faim a soutenu un programme de sécurité alimentaire dans des villages du Sud Kivu, dont les bénéfices sont aujourd’hui consolidés par l’accompagnement d’ « Amis du Kivu ».

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Fondée en 2004 dans un contexte d’accalmie, cette association a entrepris de lutter contre la pauvreté des populations rurales par la redynamisation de l’agriculture et de l’élevage. Elle a ainsi permis à de nombreux villageois réfugiés dans des camps de se réinstaller dans leurs villages et d’y redémarrer des activités. Semences, outils et bétails ont été distribués. Chaque famille bénéficiaire s’engageant à restituer une partie de sa récolte ou les premiers nés des animaux reçus pour en faire bénéficier d’autres familles, au bout de 4 ans, l’effet multiplicateur a permis que toutes les familles de la zone visée soient servies ! Ainsi accompagnées et dotées également de services vétérinaires itinérants et des conseils d’ingénieurs agronomes, les communautés villageoises de trois territoires ciblés ont été restaurées. « après des années dans des camps, nous avons pu reprendre une vie normale », nous confiait Bunda Byamungu que nous avions rencontré dans son village.

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L’engagement des ONG locales pour la lutte contre l’insécurité alimentaire et le développement local est porté par une vision plus large : l’amélioration des productions vivrières dépend également de la mise en place d’infrastructures, de l’implantation de coopératives agricoles et d’équipements productifs, toutes choses qui figurent aussi à leur programme. Enfin, sur des terres touchées par l’érosion et les conséquences des changements climatiques, des techniques de restauration des sols sont mises en œuvre, comme le reboisement, l’agroforesterie ou la fertilisation organique par compostage.

En plus de la mobilisation des communautés concernées pour entretenir les plants, des techniciens ont été recrutés pour s’occuper des pépinières. Le reboisement a ciblé des champs et des flancs de collines. L’initiative est un tel succès… que les autorités locales ont «taxé » cette activité en prélevant plusieurs centaines de plants pour reboiser les espaces publics… Outre l’insécurité physique et le déficit de gouvernance, un problème essentiel demeure celui du financement des activités agricoles. Afin d’y remédier, l’incitation à la collaboration entre institutions de microfinance et organisations de producteurs est un nouvel axe du travail de SOS Faim et de ses partenaires.

Marine Lefebvre -www.sosfaim.org

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